Hermon Mehari – Asmara (2022)
Voici un album de la fin de l’année qui a tout juste eu le temps de se classer dans le palmarès Jazz Mag/Jazz news au titre de « Musicien étranger de l’année », bien qu’étranger de papier, il soit cependant installé en France depuis sept ans.
Né aux Etats-Unis, le trompettiste a grandi et s’est formé à Kansas City, c’est son père qui a fui son pays natal au milieu d'une guerre contre l'Éthiopie, en mille neuf cent soixante-dix-neuf. Ce dernier passera par l’Italie dans un camp de réfugiés, puis migrera vers les Etats-Unis.
Cependant le chemin de migration d’Hermon se terminera en France où il vient d’enregistrer son troisième album, Asmara, qui se veut une rencontre entre le jazz et la musique érythréenne, comme une sorte de retour aux sources.
Il me semble que les racines africaines de cette musique ressortent avec plus d’acuité lorsque « Faytinga », chanteuse érythréenne, intervient par deux fois, sur « Tenafaqit » et « Milobe-Lawa Furda ». En effet, à son écoute on y croit vraiment, même si, à d’autres moments de l’album, particulièrement les tambours et le vibraphone participent également à cette immersion.
Hermon est accompagné par son ami musicien Peter Schlamb, venu des States pour le soutenir, il joue du piano et de ce vibraphone si exotique. La rythmique est française et de qualité, avec Luca Fattorini à la basse et Gautier garrigue à la batterie. L’album se trouve sur tous les supports, mon vinyle passe bien, mais à nouveau l’album est court, trente-cinq minutes tout au plus.
Cet album ne fait pas partie de ceux qui vous déménagent en Afrique, ou dans des pays aux origines culturelles lointaines, il s’y essaie, mais il ne faut pas s’attendre à un dépaysement total ou même conséquent, mis à part les moments que j’ai déjà cités. Pour autant l’album est réussi, mais de jazz, et les racines sont inévitablement mélangées entre pays d’adoption et pays imaginé.
Voilà encore un nouveau jalon de cette belle année musicale, à défaut de mieux.