Noah Howard – At Judson Hall – (1968)


Voici un album pur jus de free issu du label mythique ESP. Un enregistrement effectué au « Judson Hall », le lieu donnera son titre à l’album, c’était le dix-neuf octobre soixante-six, à New-York donc. La photo de pochette renseigne sur les musiciens.


Au premier plan à gauche, c’est le pianiste Dave Burrell, à droite le leader de la session, Noah Howard, il joue du saxophone alto. A l’arrière, au fond à gauche se tient le contrebassiste Norris Jones qui sera davantage connu sous le nom de « Sirone », il discute avec le batteur Bobby Kapp, spécialiste des sessions free. Entre Kapp et Howard se trouve le trompettiste anglais, Ric Colbeck, qui sera oublié. Pour être complet, il manque Catherine Norris, qui joue du violoncelle.


Deux pièces sont jouées sur ce mythique album, « This Place Called Earth », et « Homage To Coltrane », une par face. L’histoire du jazz ne gardera de cette période free que quelques noms principaux qui semblent squatter à eux seuls le genre : Coltrane, Ayler, Coleman, Sanders et disons Shepp qui se tient aujourd’hui encore vaillant. On pourrait ajouter Don Cherry, Charlie Haden ou Steve Lacy, mais pas loin derrière se tiennent quelques oubliés comme Noah Howard qui pourtant produit de beaux albums, ou Sonny Simmons avec lequel il joua.


Cet album fait partie pourtant de la légende free, même si l’oubli le guette. Par bonheur il a bénéficié d’une réédition assez récente sur le label « Ezz-thetics » sous le nom de « Noah Howard – Quartet To At Judson Hall » qui regroupe les deux albums de Noah Howard sur ESP, de quoi faire d’une pierre deux coups, à petit prix.


Il faut dire que pour les amateurs de free de cette époque, l’album est somptueux, très écoutable même, bien qu’il ne manque ni de souffle, ni d’énergie. Particulièrement l’hommage à Coltrane qui s’avère une magnifique épopée, avec une montée grandiose qui s’achève en apothéose à la fin de la pièce, où l’on entend Ric Colbeck notamment se déchaîner avec sa trompette.


De ces grands moments que seul le free peut proposer car il permet les excès et les outrances, le dépassement des normes généralement admises, autant d’effets sonores que l’on entend sur cet album, ils sont tous au taquet et se livrent sans compter, Burrell et Howard ne sont pas les derniers à participer à cette orgie tonitruante.


La première pièce est également chouette, même si elle ne s’inscrit pas dans un registre aussi extrême, elle tient bien la route et s’avère très agréable à l’écoute…

xeres
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le 17 avr. 2025

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