Avec le surdoué Derek Skerinian au clavier, le métronome Patrick Johansson à la batterie et le mésestimé Dougie White au chant, Malmsteen obtient un groupe à la hauteur de ses ambitions. Et cela fonctionne, dès le premier morceau « Razor Eater », au tempo médium et lourd, appuyé par une rythmique impeccable qui met en valeur les solos toujours aussi aérien. Nous sommes bien dans le monde inimitable du guitariste. La suite de l’album nous le confirme puisqu’il alterne speed mélodique : « Rise Up » récit épique, narrant le sacrifice d’un héros, l’excellent « Ship of Fool » aux indéniables influences classiques, le puissant « Attack ! » et compositions plus lourdes : « Valley of kings » aux arrangements orientaux et inquiétants, qui plonge ses racines dans l’Egypte et sa vision de l’immortalité, « Stronhold » que n’aurait pas renié le Rainbow période Dio, évocation médiévale d’un homme réfugié dans sa forteresse. Cela est accentué par la voix de Dougie White qui oscille entre Dio, justement et parfois Ian Gillan période Magic. Son timbre de voix apporte une indéniable chaleur aux chansons de cet album, un feeling que n’ont pas toujours possédé certains des chanteurs de Rising Force. A l’écoute de composition comme « In the name of god » ou « Valhalla » récits aux influences mythologiques scandinaves, bien dans la lignée de précédentes réalisations, on peut se rendre compte de l’énorme influence de Malmsteem sur bien des formations actuelles, Stratovarius, Sonata Arctica et Thunderstone en tête. Comme dans chaque album, les sources d’inspiration passent par le fantastique et la fantasy, Malmsteem ne cachant pas son intérêt pour Lovecraft et les grands auteurs de l’imaginaire. Bien entendu, on retrouve également trois instrumentaux, le fabuleux « Baroque and Roll » en tête, le mélodique « Majestic Blue » et le classique « Air », inspiré de Bach. En prime, le maître s’offre un petit plaisir sur le hendrixien « Freedom » qu’il chante lui-même. Sans nul doute possible l’un des meilleurs albums de Malmsteem, parce qu’il est axé sur de vraies chansons, sans pour autant délaisser cette technique qui fait la force du guitariste. Un grand cru qui a de bonnes chances de bien vieillir.