Le premier album de Justice avait su innover, dans cet électro français qui sombrait dans le clubing sauce Ibiza, il avait ramené et mélangé des influences musicales jusqu'alors plutôt select comme SebastiAn ou Mr Oizo en y ajoutant leur touche perso et un peu de génie. Ce premier album était également une énorme fourberie commerciale, on fait une musique qui passe bien pour n'importe quel inculte de l'oreille (DANCE) et pour le reste de l'album on fait ce qu'on aime vraiment, ça poussera le pékin moyen à se tourner vers autre chose. Et ça a marché !
Pour cet album, ils n'ont pas choisis de mettre un « tube » en plein milieu pour faire vendre. Je crois qu'en fin de compte ça ne leur plaisait pas d'entendre « Justice ? Moi tu sais à part Dance... ».
J’ai entendu par ci par là que cet album était de la soupe, fade, que ça sort pas des tripes, etc. Si on écoute les deux dans la foulée c’est peut-être légitime de ressentir ça, mais on aurait la même impression en écoutant Queen tout de suite après un album de Gojira… Les différences ne sont pas toujours révélatrices de qualités ou de défauts. L’album est résolument moins underground que le premier, moins trash party, et plus musical, plus disco. Plus sage peut-être. De leur propre aveu, ils voulaient faire un album plus « diurne » en contraste avec l'autre qu'ils considéraient comme « nocturne ».
Au niveau des sonorités qu'est-ce qu'on retient de cet album donc ? Et bien que la basse funk et disco c'est cool en 2011**, que mélodica peut rimer avec metallica et qu'on n'a pas besoin d'évincer le côté pop et dansant pour faire dans l'arty. Tout ce qui n'était pas dans † quoi.
Je ne comprenais pas quand on comparait Justice à Daft Punk au début, les sonorités et l'ambiance musicale n'avaient rien en commun, alors que cet album-ci y ressemble bien plus**, et en particulier à Human After All.
Audio, Video, Disco commence de façon épique, avec un sentiment puissant de conquête de l'univers, le même sentiment que pourrait avoir Albator en se levant le matin, et finit léger et spirituel, comme un voyage dans l'espace. Mais il a ce quelque chose de grave et imposant, ce monolith intriguant qui semble avoir été là depuis le début ; c'est l'ombre de †, qui pèse et qui ne veut pas partir, parce que si ces deux albums sont nuit et jour, on sait à la fin d'Audio, Video, Disco que c'est un cycle et qu'on reviendra fatalement sur †.
**EDIT : après Random Access Memories, quʼon ne vienne plus me dire que cet album nʼest pas précurseur dans son genre ! Encore une fois lʼélève a dépassé le maître, et la bande de grincheux que vous êtes ne lʼa même pas vu…