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le 12 juin 2015
SuivrePour la Voix
"Remué" avait refroidi sensiblement mon amour pour Dominique A., et j'abordai donc cet "Auguri" avec prudence, même si la co-signature de John Parrish laissait entendre que la musique serait ici...
Dominique A, dans Remué, avait tourné la page du chant mélancolique et des vignettes intimistes ; à la place, il s'attache aux fêlures et au désespoir.
L'étape suivante, Auguri est à mes yeux le moment où le style de Dominique A révèle sa puissance, ses abîmes telluriques, et sa capacité à nous toucher au plus profond, dans nos ambivalences.
Pour la peau, chef-d'œuvre au même titre qu'En secret et, dans la même veine sans concession, Antonia, nous avertissent : cette fois, les limites n'en sont plus, on va aller loin, et profond dans l'obscurité des rapports amoureux.
Les hommes entre eux, Évacuez ou Burano relèvent d'une plus classique — mais très réussie — vision désenchantée du monde. On passe à l'ironie avec Les chanteurs sont mes amis, cette étape supérieure du désenchantement qu'on nomme autodérision, et caricature vachard en prime.
Mais à mon goût, la claque, le point culminant de l'album, où se mêlent les thèmes ci-dessus énoncés, la confession sans concession et le désenchantement, c'est ce titre unique : Je t'ai toujours aimée, qui m'a toujours paru photographie fidèle de mes impasses.
Peut-être moins original, certes, pas négligeable pour autant : Pour la peau raconte les ambiguïtés d'une relation sexuelle, où chacun cherche à se servir de l'autre, et qui ouvre sur les confidences amères d'un amant porté par son sang, qui le pousse à la chasse.
Il faudrait citer quantité d'extraits, de paroles de cet album, pêle-mêle je m'essaie cette tâche impossible :
Tant, tant, tant de choses si belles et remarquables, avec la simplicité d'une voix presqu'atonale, et pour seule compagnie une guitare.
Une des plus belles choses qu'ait pu faire Dominique A, pour le temps qu'a duré notre relation, interrompue depuis.
Créée
le 18 avr. 2023
Critique lue 48 fois
6
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