Avifaunal
7.8
Avifaunal

Album de Pausal (2017)

Mon exercice favori après la recommandation de Fortynine Days :


Hum, crépitement glitch sur fond de violon en écho ... 3 éléments disparates qui me plaisent d'emblée, avec un fond répétitif, minimaliste perceptible d'emblée, est-ce qu'il vont tenir la longueur, sax lointain, gong (?) toujours aussi lointain et plein de percussions en ambiance sonore ... utilisation de pédales d'effets donnant l'impression d'une brume matinale, "murmuration", en effet une impression de murmure, cela me fait penser au travail de Vidna Obmana par moments, avec ces nappes superposées de sons, tout en strates ... mais ici un synthé vient alourdir l'ensemble, rendre le son plus pesant, travail sonore qui devrait plaire aux fans de Brian Eno, du temps des frippertronics avec Robert Fripp (no pussyfooting) ... la référence me semble immédiate, voulue, assumée ... on verra ce que la suite nous réserve ... on termine sur des petites notes cristallines ... en tout cas les 11 minutes du premier morceau sont passés comme une lettre à la poste ...


La suite enchaînée directement poursuit dans un premier temps dans la même veine, avec un synthé chuintant par moments et là, grosse surprise, une basse au synthé envahissante, on n'est plus dans la "murmuration", on est dans le grondement, mais un grondement de quoi ? Caverneux, souterrain, un magma sous les pieds qui semble vouloir se libérer de son emprisonnement et tout se termine en douceur pour entamer la troisième partie du morceau ...


Un synthé, proche des sons de Steve Roach semble nous indiquer un chemin rassurant, céleste, auréolé d'une lumière diffuse ... on pénètre lentement les profondeurs abyssales, installés confortablement dans notre conapt et on observe les créatures se faufilant à notre passage, rivés au hublot, ce monde semi-aquatique, semi-aérien, révèle tous ces secrets sous nos yeux émerveillés, nos oreilles en alerte ! ... et cet avifaune aquatique finit par nous transporter, nous permettant de voler en bonne compagnie ... on plane, enfin !


"Spiral", tout un programme à l'aune de ce que l'on vient d'entendre, on perçoit que ce ne sera pas un vain mot ... alors on cherche l'entraînement en spirale qu'ils nous proposent, musique répititive, concentrique, on tourne, effectivement, c'est rond et non carré, non anguleux, effectivement, et cette spirale est-elle concentrique où plutôt la forme de notre ADN, hélicoïdale ? Chacun pourra aisément imaginer sa propre spirale ...


"Scatter", une lente dispersion des sons initiaux, le vent balayant tout sur son passage, progressivement, ... cette musique est décidément très imagée et efficacement mise en place ... légères touches sonores s'entremêlant au synthé toujours omniprésent et planant ... la fin du morceau annonce comme une tempête lointaine se rapprochant doucement, comme un ouragan lointain, observé aux jumelles ...


"Soar" nous promet une montée en flèche, un survol de ce qui a précédé, ce morceau tiendra-t'il ses promesses, pour terminer l'album en beauté ?
En tout cas la première minute annonce de nouveau ce magma grondant, cet ouragan sonore qui se rapproche, on vibre, la vaisselle vibre dans l'armoire, tout notre univers mental vibre progressivement, plus d'inquiétude à avoir, laissons-nous se faire happer par cette énergie, finalement bienfaisante, elle qu'on pensait menaçante ... à la moitié du morceau on décolle doucement et on flotte, en apesanteur, il n'y avait jusqu'à présent que l'album "Apollo" de Brian Eno qui m'avait donné cette magnifique sensation d'apesanteur, ici on y est de nouveau, dans cet été de grâce ... avec la même profondeur des sons, à la différence que les sons, au lieu d'être cristallins, sont plus sourds, plus tirés vers les basses vibrantes ... mais sinon, c'est la même sensation de flottement dans l'espace ... En quelques 46 minutes, tout est dit ... on n'a plus qu'à atterrir, comme un planeur ... doucement ...

PiotrAakoun
9
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le 27 août 2017

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PiotrAakoun

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