Ah ! Christian Scott sort un album ce mois-ci, dédié aux victimes de la covid 19 ! Par chance j’ai pu voir un de ses derniers concerts télévisés en Europe de l’est. C’est toujours un trompettiste remarquable et un showman de poids, si ce n’est ce bavardage continuel entre les morceaux qui, à mon avis, dessert la prestation, comme ici après la pièce d’ouverture.
Il a également une propension à s’inspirer de Sun Ra pour la tenue vestimentaire et à passer du temps à faire l’éloge de chaque musicien, au cas où on ne se serait pas aperçus qu’ils étaient les meilleurs au monde, bref des mots et moins de musique, ce qui donne l’impression d’un concert haché où la star est fatiguée.
Mais ici on n’est pas vraiment au concert, enfin si, puisque les enregistrements proviennent du Blue Note à New-York, du mois de mars pour être précis, entre les prestations du onze au quinze, mais nous avons affaire à un montage forcément de grande qualité, musicales et techniques.
Quand j’écoute Christian Scott c’est Miles qui arrive, sans doute parce que j’ai énormément écouté le modèle, grandiose et démesuré. Il est difficile de s’extraire de l’influence de Miles surtout lorsqu’on s’inscrit dans un groupe électrique où le Rhodes et la basse s’inspirent directement du maître, une façon de revendiquer la filiation sans doute.
Du coup l’album est vraiment bon, la flûte d’Elena Pinderhughes, les claviers de Lawrence Fields, les percus de Weedie Braimah, la basse de Kriss Funn et la batterie de Conrey Fonville font de l’excellent travail, ce qui n’est pas surprenant puisque ce sont les meilleurs au monde, l’impression générale est donc très emballante, servie par une qualité de son optimum et un répertoire signé Scott, auquel s’ajoute une reprise du « Guinnevere » de David Crosby.
Le leader est un peu effacé, comme annoncé, mais l’entreprise est bien menée et devrait assurer le succès commercial de cet album qui est taillé pour y accéder.