Gary Peacock / Marilyn Crispell – Azure – (2013)
J’ai bien quelques albums de Marilyn Crispell, mais plutôt situés dans les années quatre-vingts. Ils sont free, certes, débridés, libérés, et placent Marilyn dans le sillon de Cecil Taylor. Elle est américaine, née à Philadelphie, je l’ai toujours appréciée et, à l’occasion, me procurer et écouter un album encore inconnu stimule bigrement l’imagination.
Gary Peacock fait partie des légendes, son passé le place d’emblée parmi les grands, passer d’Albert Ayler à Keith Jarrett représente en soi un parcours phénoménal, il n’y a pas grand-chose à rajouter ! Allez, on compte un peu, onze c’est le nombre de compos, trois sont signées par le duo, quatre par Marilyn seule, et quatre par Gary seul également, et chacun d’entre eux joue une courte pièce en solo, voilà le menu…
Histoire de notabiliser complètement la rencontre, c’est ECM qui invite, avec tous les avantages qu’apporte ce luxueux parrainage, au niveau du son, de la distribution et de la notoriété. Il faut dire, pour être complet, que plane ici le souvenir de l’extraordinaire trio formé par Marilyn Crispell, Gary Peacock et Paul Motian, le temps de deux albums sur le prestigieux label.
Pour autant personne n’est guindé, et place est laissée à la libre improvisation, et même à la liberté tout court. Les deux se rejoignent autour d’un projet limpide, calme, aéré, très zen. Une belle place est laissée aux mélodies, au lyrisme, à une certaine recherche du « beau ». Comme on s’en doute, les trois compos signées en duo sont des impros du moment, elles révèlent la grande qualité du duo et cette facilité à se comprendre et à collaborer.
Bien entendu les albums de Marilyn des années quatre-vingts n’ont que peu à voir avec ce qu’on entend ici, mais c’est une telle évidence qu’il est presque inutile de le dire. Ce qui n’enlève rien à la beauté d’un « Rhythms Hung In Undrawn Sky » pour Marilyn, ou d’un « Ghosts » pour Gary Peacock !