Après avoir lu dans une revue que "Babylon By Bus" était LE disque Live de Marley, faisant l'impasse sur l'OVNI incandescent qu'est "Live!", j'ai voulu me re-confronter à mes souvenirs d'un disque que j'avais trouvé plutôt tiède et banal en 1978, malgré la superbe - et inattendue - connexion entre le Grand Bob et la rébellion punk (symbolisée ici par ce "Punky Reggae Party" en hommage au Clash).
La vérité est que ce double album n'est certainement pas un grand disque live, non, et ce malgré la nostalgie qui nous saisit désormais en écoutant cette musique irradiant la vie et l'espoir (oui, répétons-le pour ne jamais l'oublier, le monde est un peu plus mort et désespéré depuis que Bob Marley n'est plus !). La lumière qui dévorait Marley à l'époque de "Natty Dread" semble affaiblie, Bob paraît même de temps à autre épuisé, déjà hanté par la maladie qui allait le tuer d'ici peu. Certaines versions de ces grandes chansons inoubliables qui composent une set list magnifique sonnent un peu routinières.
Par contre, "Babylon By Bus" bénéficie de toute la puissance des Wailers dernière époque, un groupe alors en pleine possession de ses moyens, un groupe capable d'une munificence technique et émotionnelle exceptionnelle qui rattrape largement l'impression que, exposé à un public de plus en plus gigantesque, le reggae sublime de Bob Marley commençait à tourner en rond.
Mais de toute manière, la fascination que Marley exerçait sur son public, sa capacité à engendrer une sorte de transe bienheureuse, exaltée, ne sauraient être capturées sur CD...
[Critique écrite en 2013]