Bakash -Bakash (2007)
Un album pas très facile à se procurer, discogs en indique seulement quatre en collection. Le mien vient de loin, il lui a fallu plus de cinq semaines pour arriver et, ce samedi, il était dans la boîte à lettre, celle-ci ne produisait plus ce jour de semaine depuis le confinement, cette réactivation m’a donc valu cette belle surprise, il faut bien le reconnaître, le colis intercontinental génère, en général, une inquiétude liée à la durée, et, bien qu’on en soit averti par avance, elle demeure malgré tout…
L’album a été enregistré Au Caire, en Egypte, en 2006 et est paru l’année suivante sur Incognito, un label libanais qui avait déjà publié « El Dor El Awal » pour ceux qui se souviennent. Bakash est un trio constitué par Colter Frazier au saxophone ténor, Naïssam Jalal à la flûte et Miles Jay à la basse. Souvent touché par la musique de Naïssam, il me plaît de retracer son parcours discographique, après un passage en Syrie elle se rend au Caire pendant une durée de trois ans, puis quitte la ville, précisément en 2006 qui sera pour elle l’année de la bascule entre Orient et Europe.
Cet album est très zen et très contemplatif, presqu’uniforme et sans beaucoup d’aspérité. Il paraît même assez grave, c’est sans doute dû en partie au rôle de la basse qui est central, l’axe autour duquel tout se joue, elle est souvent répétitive avec une présence presque obsédante parfois. Les deux trublions autour s’y appuient pour prendre leur envol, la flûte est magistrale, maîtrisée et le sax joue de ses timbres pour éclairer la musique avec un œil neuf, et y apporter la nécessaire lumière.
Chacun a apporté ses propres compos dans ses bagages et l’album y gagne en équilibre, bientôt Naïssam fondera « Noun Ya » avec Yann Pittard pour une légèreté retrouvée.