DKV Trio – Baraka – (1997)
Nous restons en compagnie de deux musiciens présents sur l’album ci-dessus, avec cette formation légendaire de Chicago. En effet le saxophoniste ken Vandermark et le bassiste kent Kessler sont de la partie, en compagnie du grand Hamid Drake à la batterie, on pourrait même aligner en plus Peter Brötzmann qui a conçu cette pochette très graphique, voici le DKV Trio !
En cette période, les formations de Ken Vandermark dominent le free autour de la région de Chicago, il est toujours intéressant de s’intéresser au brillant saxophoniste et clarinettiste, qui joue toujours, avec une importante partie de sa discographie récente dispo uniquement sous forme de fichiers.
L’album s’ouvre sur l’excellent « Double Holiday » qui se lance, torride, puissant et infernal, avec l’efficacité d’un uppercut, de quoi mettre les pendules à l’heure et démontrer la grande efficacité de ce trio, dont l’impact pourrait être semblable à celui d’une murge, qui vous sors du temps, pendant près de onze minutes…
Bon, il aurait été plaisant de continuer sur le même schéma, mais la suite prend le contrepied et, par conséquent, baisse sérieusement en énergie, « Soft gamma Ray Repeater » est constitué de virgules, de points d’interrogation, d’exclamation et de suspension, de guillemets qui s’ouvrent et se ferment, avec le silence qui s’étale en toile de fond. La pièce avance avec une certaine lenteur avant de s’épaissir lentement, Vandermark y joue de la clarinette basse.
Mais le gros bloc, la somme, c’est le titre « Baraka » qui occupe trente-six minutes sur le Cd, la pièce est à la fois méditative et propulsive, passant d’un état à l’autre, ainsi les accélérations abondent et l’énergie ne manque pas, ni les pauses, les recherches qui sont plus calmes et s’étirent. Les tensions sont acceptées, ainsi que le bon groove, bien pulsé par l’incroyable Hamid Drake, dans son jardin et très à l’aise.
La pièce contient un quasi solo de clarinette, un solo de batterie fait d’une mince dentelle ainsi qu'un solo de contrebasse avec les cordes frottées par un archet. On voit donc la pièce se teinter d’une très grande variété de couleur et d’intensité.
Il reste encore deux pièces à cet album, « Figure It Out » et « Consequence », qui termine l’album sur une sorte de blues qui s’étire, lancinant…
L’album n’est pas pingre, il contient près de soixante-douze minutes dans son entièreté, avec d’infinies variations de free, il s’avère vraiment passionnant et, ce premier album du trio, participera lui aussi à attirer l’attention des musiciens européens qui multiplieront les rencontres musicales, avec Peter Brötzmann en tête de proue.