Jusqu'à une époque très récente, j'avais dans la tête que Blind Guardian était uniquement un groupe de power/sympho metal. A raison car, primo je n'avais entendu parlé d'eux que par l'entremise d'une personne qui me les avait dépeints comme tels. Deuzio, je n'avais jamais écouté BG. De fait, je m'étais basé sur ses dires MAIS la conclusion est bien loin d'être celle-ci...
...puisqu'au début de leur carrière, ce groupe allemand garantissait plutôt une musique mêlant du power et du speed. Et l'exemple le plus significatif est justement ce premier opus Battalions of Fear. (le glissement vers le power/prog/symphonique n'est apparu qu'à la fin des années 90)
Et du coup quand je me suis mis à lancer la toute 1ère piste "Majesty", j'ai halluciné ; par son côté très rapide, très énervé, très bien produit mais tout en maîtrise. CAR t'as une ribambelle de groupe qui envoie le son comme des dératés en fonçant droit dans le mur, sans freiner. Mais Blind Guardian le fait en sachant qu'il faut mesurer la vitesse de la bagnole pour justement éviter le crash dans le mur. Le morceau introducteur donne déjà la température de ce que sera l'album ; à savoir VITESSE et MAÎTRISE.
De base je n'aime pas trop le power metal, mais ici il se marie si bien aux chevauchées de guitares/batterie que l'ensemble passe nickel. La voix de Hansi Kürsch n'est pas encore dans des envolées lyriques relous qu'on connaîtra sur leurs productions de la fin des années 90/début 2000. Ici sur ce 1er opus, elle (sa voix) mixe des passages raw et relativement élevés (cf. Guardian of the Blind et Wizard's Crown) pour apprécier les parties instrumentales galopantes.
Et c'est là la force de BOF, ses parties instrumentales, lesquelles sont mises en avant avec "Trial by the Archon" et le titre final "By the Gates of Moria" ...tous deux dénués de parole. A juste titre je dirais car voyageant dans le domaine fantastique, et permettant de facto les échappées de guitares pour étendre au mieux l'imaginaire. (à noter que sur des éditions ultérieures, la bonus track "Gandalf's Rebirth" vient rajouter une louchette Seigneur des Anneaux-esque à la galette.
Et c'est là le dénominateur commun de ce premier essai Blind Guardianesque ; les mondes fantasmagoriques mariés aux mondes réels. Ce qu'on retrouvera tout au long de leur carrière cela dit.
A titre purement personnel, j'ai été agréablement surpris par les 37 minutes (album assez court en fait) très homogènes dans la qualité des compositions même si "Majesty" se détache du reste néanmoins.
HIGHLIGHTS: Majesty, Guardian of the Blind, Run for the Night