Erik Truffaz | Murcof – Being Human Being – (2014)
Il y a quelques années, j’avais vu et revu sur Mezzo, la retransmission du concert avec dessins sur grand écran retraçant le travail d’Henki Bilal, qui est également l’auteur de la pochette. On pourrait d’ailleurs parler d’un trio tant Bilal influe et inspire la quasi-totalité de cette musique.
On connaît évidemment Erik Truffaz qui joue ici de la trompette, du piano, du tuba ainsi que de sa voix. Il est en compagnie d’un musicien avec lequel il joue parfois et notamment sur cet album, Murcof qui est mexicain et joueur d’électro. Les deux ont composé la musique en s’inspirant de l’atmosphère des mondes d’Enki, ainsi que du scénario imaginé par celui-ci pour cette aventure futuriste, « Being Human Being », une sorte de variation à partir des personnages de bande dessinée de sa trilogie « Nikopol ».
Les concerts graphiques qui ont suivi ont, en outre, bénéficié de la présence de Mahut aux percus et du batteur Philippe Garcia. On pourrait quasiment qualifier cet album de musique planante, au sens où cette expression était utilisée autrefois, vous connectant avec un monde parallèle et dissocié, obéissant à d’autres lois que celles qui régissent nos vies habituelles, le temps d’environ une petite heure…
Sur l’album en lui-même deux invités s’ajoutent au duo, Nina, la fille d’Erik Truffaz à la clarinette sur le titre « And Nina », dont on comprend ce qu’il signifie. Il y a également Catherine Delpeuche au violoncelle sur « The Eye » qui gagne ainsi en ampleur.
Mais ce qui fait l’essentiel de cette réussite musicale c’est la complicité entre l’homme aux machines, Murcof, pas vraiment glacial, qui assure les rythmiques avec une distance qui sied bien au thème abordé, et qui colorie convenablement l’espace avec ses textures, auxquelles participe également Truffaz, passant de l’avant-plan à l’arrière-plan selon les nécessités du moment.
Il y a également un gros travail sur le « son » lors de la production. Un bel album qui va bien dans la discographie du trompettiste.