Erik Truffaz, Patrick Muller, Marcello Giuliani, Marc Erbetta Featuring Nya – Bending New Corners – (1999)
D’après la discographie telle qu’elle se présente, avec les dates de sortie d’album, cet album serait son troisième sur Blue Note, label sur lequel il enregistre apparemment depuis ses débuts. Je suis un peu circonspect car je ne suis pas le franco-suisse depuis ses débuts, et il me semble qu’il soit possible que des enregistrements de jeunesse s’intercalent dans l’ordre apparent des choses, mais rien de grave…
Par ailleurs un grand nombre de titres, huit en fait, sont également présents sur l’album « The Mask », paru lui, en l’an deux mille, avec seulement trois titres nouveaux. Pour finir l’album de deux mille un « Revisité », contient également des titres présents ici, cinq, qui appartiennent également à « The Mask », de quoi avoir le tournis. Ceci dit, sans évoquer la « Silent Track », prélude au morceau caché.
La session d’enregistrement date des trois, quatre, cinq et six avril quatre-vingt-dix-neuf. Sur les autres albums pas d’indication de sessions. Ceci dit, ce n’est pas ce qui compte, peut-être une petite enquête à mener en temps et en heure.
Ce qui compte évidemment c’est la musique, ici très planante, atmosphérique, avec une solide rythmique composée d’une basse souvent hypnotique et d’une batterie très vive. Les claviers et les instruments électroniques tapissent un décor assez varié qui se meut au fil des pièces.
Le rappeur Nya est l’invité de cet album sur quatre pièces, mais ce pourrait être qualifié de « Spoken word » plus simplement, j’aime entendre sa voix et son phrasé, sur scène, quand il participe, il exerce une attraction magnétique et contrebalance la « présence » que manifeste le plus souvent le seul Truffaz.
Les autres musiciens sont Patrick Muller aux claviers, piano et Fender Rhodes, Marcello Guiliani aux basses acoustique et électriques et Marc Erbetta à la batterie et aux percus. La musique est très solide et les pièces bien charpentées, elles ont toutes un bel intérêt et l’album avance avec une belle qualité.
On ressent profondément l’influence de Miles Davis, très difficile à éclipser, tant dans la sonorité du trompettiste que dans celle du groupe, mais nous ne nous en plaindrons pas. Le côté funky qu’aimait Miles est bien présent, ainsi que ces claviers ambiants et ces riffs wah-wah qui découpent et strient. Il y a de la bonne énergie tout du long et funk, rap et ambiant font bon ménage.
Parmi les pièces, toutes bonnes, même le tendre « Betty » qui va, on pourrait remarquer « More », « Arroyo », « Bending New Corners », « Sweet Mercy » et « Minaret » qui dépassent légèrement.