David S. Ware, Apogee – Birth Of A Being (Re-2015)
Ce double Cd est une réédition de l’album « Birth Of A Being » paru sur le label Suisse Hat Hut Records en soixante-dix-neuf, c’est l’un des derniers de la série alphabétique, il porte la lettre « W ». Épuisé depuis longtemps il fait la joie des collectionneurs et son prix devient prohibitif, compter un peu plus d’une centaine d’euros pour en exemplaire probablement imparfait.
Fort heureusement une réédition Cd de deux mille quinze, concurrence sérieusement l’édition originale, avec un prix très raisonnable, mais ce n’est pas tout, le son est remastérisé et impeccable, de plus un second Cd est adjoint, doublant la durée initiale avec les enregistrements complets de la session. De quoi donner à réfléchir.
C’est le premier album de David S.Ware en maître de séance, il a vingt-sept ans et lead la formation « Apogée » avec Cooper-Moore au piano et Marc Edwards à la batterie. David S.Ware a enregistré avec ce dernier sur l’album « Dark To Themselves » de Cecil Taylor l’année précédente. « Apogée » a également joué en première partie de Sonny Rollins au Village Vanguard en 1973.
Cet album est vraiment bon, très différent de la démarche d’un Charles Gayle, David ne creuse pas le sillon d’Ayler mais plutôt celui de Coltrane dont il suit la trame spirituelle, c’est particulièrement sur la première pièce « Prayer » mais aussi sur le décapant « A Primary Piece # 1 » que l’on s’émerveille de ses immenses qualités de soliste, bien soutenu par Cooper-Moore qui joue dans l’esprit de Cecil Taylor.
Tel qu’il se présente au format original, avec ses quatre pièces, l’album est vraiment au top, un des meilleurs de David, avec une énergie dantesque. Alors que valent les cinq autres pièces extirpées de la session d’époque au Studio C.I. Recording ?
Ça commence plutôt haut avec une autre version de « Prayer », un peu plus courte, douze minutes seulement, mais la même ferveur, un final un peu plus emphatique cependant. « Cry » est plus free avec le saxo très à l’avant, un Cooper-Moore lyrique et un Marc Edwards répétitif et entêté. « Stop Time » est également bien secoué, avec des breaks puis des envolées, et ainsi de suite, souvent frénétique, parfois lyrique, juste ébouriffant après chaque courte pause…
Ashimba est la seule pièce qui ne soit pas signée David S.Ware mais Cooper-Moore, elle dure moins de trois minutes et se présente comme une pause un peu hors sujet, pourtant la pièce est vraiment chouette, puis l’album se termine par David en solo…
Une belle entrée en matière et un beau départ pour une des discographies les plus denses du free jazz !