Yussef Dayes – Black Classical Music – (2023)


Venu de la scène londonienne qui s’étiole un peu, voici un album du batteur Yussef Dayes qui se met en avant pour un projet de plus de soixante-quatorze minutes, de quoi donner libre court à sa fantaisie. Peut-être que certains se souviennent de l’album « Black Focus » de Yussef Kamaal qui avait bien cartonné en deux mille seize, et bien c’est le même Yussef …


C’est le genre d’album qui a pris le temps, les collaborations sont nombreuses et notées pour chaque pièce, de quoi donner l’envie, comme pour ce troisième titre « Raisins Under the Sun » où jouent Shabaka Hutchings, Sheila Maurice Grey, Theon Cross dans un nonette, mais c’est juste en passant, et ce n’est représentatif de rien, en fait…


Les collaborateurs les plus attitrés sont moins prestigieux mais plus impliqués dans l’album, comme Rocco Palladino à la basse, Charlie Stacey aux claviers et synthés, Venna au saxophone, Alexander Bourt aux percus et d’autres qui passent, et vont, et viennent…


L’album est plutôt groovy, mais genre cool, avec des humeurs chaudes et consensuelles, du genre plaisant, grosse basse ronde et bébé qui parle en sourdine, fondu dans la musique, c’est juste parfois sans doute un peu trop, mais ne boudons pas…


Il y en a qui passent également pour pousser la chansonnette et revendiquer ce côté pop qui s’installe sans gêne et sans prévenir, comme sur « Pon Di Plaza », légèrement crémeux. Juste après, les cordes arrivent, sans s’annoncer non plus, nous sommes un peu perdus, des violons, altos et violoncelles, mais que se passe-t-il ? Un interlude sans doute…


Retour au goût sucré, sur un fond sonore tapissé rose années soixante, batterie et basse qui groove encore, de ce côté tout fonctionne bien. Il faut bien convenir que les rares et brèves pièces un peu ethniques sont bienvenues, bien qu’inopinées… La signature fusion qui persiste semble vouloir nous figer dans l’ennui, et je m’interroge : y-a-t-il quelque chose à sauver ?


Que se passe-t-il sous cette épaisse chevelure moussue qui fait tant penser à Hendrix ? Rien ne surnage de cette pâte MTV, et plus j’avance et plus je respire : la fin bientôt, au bout du fil, tenir encore un peu… Le jazz s’est barré, hélas… il y a bien ce truc à deux qui est juste un peu bien, avec un peu d’énergie, répétitif mais bien pulsé par la batterie, « Presidential » ça s’appelle…


Je garde ma pièce et ne l’introduit pas dans le « Jukebox » qui arrive. Oui, oui je la glisse dans ma poche arrière, dans la tirelire… et je la joue numéro dix-sept sur Jamilah Barry qui chante « Woman’s Touch », juste parce que ça va, sans médiocrité, me semble-t-il, mais je ne suis plus sûr de rien, peut-être contaminé, faute d’avoir persévérer...


Bref, je cherchais un du genre pour remplir une case du classement deux mille vingt-trois, bref: voici ma déception de l'année...

xeres
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le 14 juil. 2025

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