Weather Report – Black Market – (1976)
Probablement l’un des plus populaires albums de Weather Report. Il y a encore du changement dans les troupes avec le départ du pourtant excellent bassiste Alphonso Johnson, qui joue cependant sur quatre titres, et l’arrivée d’un remplaçant de renom, Jaco Pastorius lui-même.
On note également le départ du batteur Ndugu Chancler, une malédiction qui continue, remplacé par Chester Thompson en provenance de chez Frank Zappa, joue également Michael Walden sur les deux premiers titres, qui arrive du Mahavishnu Orchestra.
On navigue entre un jazz rock racé, mais avec un son déjà formaté d’époque, ce qu’attend le public qui ovationne le groupe, en même temps que la presse qui applaudit, l’accueil est donc tout simplement formidable, même si, sont ici semées les graines qui seront à l’origine de « Mr. Gone », le naufrage. Toutefois « Black Market » penche du bon côté et reste encore très recommandable.
Maître Zawinul a sorti sa plus belle plume et signe les trois titres de la face A qui sont plutôt convaincants dans un registre déjà conventionnel, mais très abouti. La seconde pièce, « Cannon Ball », est un hommage à feu Cannonball Adderley, le géant du be-bop avec lequel il a travaillé. « Gibraltar » qui clôt la face est particulièrement réussi, avec des couleurs qui illustrent parfaitement la magnifique pochette.
Côté face B, Shorter rempli son quota avec deux titres pas très formidables, mais honnêtes, et ça passe. Pastorius emmène « Barbary Coast » dans sa valise, du funky à souhait. Quant à la dernière pièce « Herandnu » elle est signée Alphonso Johnson qui est parti en laissant derrière lui ce beau cadeau.
Côtés solos, ces musiciens sont tous des cadors, alors ils font le job, là se cache probablement la beauté de l’album qui se nourrit ainsi tout du long, sans laisser l’ennui s’insinuer très longtemps, ce qui va bien.