Un album de 1974 sorti sur Blue Note par Bobbi Humphrey, flûtiste et interprète de Larry Mizell qui signe toutes les compositions. On se souvient des frères Mizell qui officiaient également à la production des albums pendant un certain temps chez Blue Note, c’est donc avant tout un « son » que l’on trouve ici, avant la patte et la marque de l’artiste dont le nom brille sur la pochette.
Pour avoir lu quelques critiques d’époque publiées sur les journaux de jazz français « Jazz mag » et « Jazz Hot », je puis vous affirmer que les puristes détestaient, cet album a été proprement descendu. Maintenant il faut chercher les raisons, s’interroger et voir si aujourd’hui l’album mérite une réhabilitation, étant entendu que chacun possède sa propre sensibilité et qu’aucun avis n’est jamais définitif en la matière. Pour ce faire j’écoute la dernière version remastérisée sur vinyle.
Déjà il est clair au bout de quelques secondes de promenade du saphir sur le sillon que ce n’est pas un album de jazz traditionnel, on le qualifierait aujourd’hui très probablement d’easy listening et on accolerait le terme « funk » justement après le mot jazz, soulignant ainsi le côté moelleux et confort qui habite la musique. C’est plutôt une musique pour bouger gentiment, le sourire aux lèvres (pensez à celui, éclatant de Bobbi sur la pochette), dans une ambiance décontractée et cosy.
Souvenons-nous, Blue Note traversait une salle passe et il fallait ramener du blé, des pépettes à gogo et les recettes des frères Mizell étaient parfaites. Cet album particulièrement, plutôt assez réussi, Bobbi est une flûtiste au niveau et quelques titres, « Chicago, Damn », « Harlem River Drive » ou « Black and Blues » assurent auprès du public qui en redemande.
Sincèrement, je pense que ma discographie ne s’enrichira peut-être pas d’autres albums de Bobbi, bien que celui-ci mérite un large satisfecit et suffise à quelques moments de détente et d’écoute musicale un peu futiles, le cerveau en mode « off » mais les sens à vif et les pieds en éventail!