Beach House, c'est le groupe qui s'est trouvé un son et qui s'y tient. Ce n'est même pas le son le plus original, tant il est inspiré (recopié ?) de la dream pop des années 90. Le duo franco-américain a pourtant de la personnalité, avec le timbre grave de Victoria Legrand, cette boîte à rythmes métronomique et les accords vibrants de la guitare d'Alex Scally. C'est aussi un groupe dont le nouvel album est toujours un peu meilleur que le précédent.
C'est donc six ans après le premier album que sort Bloom. Pas de surprise, on retrouve le son doux et lent du groupe. Je suis peut-être trop influençable par les pochettes d'albums, mais autant l'album précédent Teen Dream me donnait l'impression d'avoir le soleil dans les yeux et les mains dans le sable, autant Bloom me plonge dans une semi-torpeur nocturne un brin glacée. Il faut dire que le son des claviers passe ici de l'orgue '60s aux synthés froids '80s, très proches du son synthpop.
L'album démarre sur un enchaînement de trois titres sublimes, qui expédie déjà les trois premiers albums du groupe aux oubliettes. "Myth" est même leur meilleure chanson, je suis catégorique. Tout est parfait sur ces trois perles épiques, où le duo sonne presque mégalo, mais les mélodies sont si belles qu'on ne peut que s'y abandonner.
Je dois avouer qu'en comparaison de cette ouverture renversante, le reste de l'album pâlit un peu. Il est probablement plus inégal que Teen Dream... mais ses sommets sont plus hauts, et plus nombreux. "Wishes" est en effet un autre titre bouleversant, avec cette descente de guitare surf à vous donner des frissons. Enfin, le final "Irene" est aussi une pièce épique et vibrante à la progression tétanisante flirtant un court instant avec le drone.
En bref, Beach House creuse toujours son filon, et le fait tellement bien qu'on n'a aucune envie de les voir dévier de leur formule !