Il faut apprécier cet album comme une pièce de musée, comme une empreinte du jeune Robert Zimmerman qui arrive à New York, et commence sa légende en prenant son nom iconique Bob Dylan (d'où le titre de l'album eponyme).
On sent la fougue du jeune musicien qui roule sa bosse entre le Midwest et Greenwich Village en reprenant des chansons de blues et folk traditionnelles avec une voix imparfaite mais singulière et une musique guitare/harmonica assez juste et travaillée, en se permettant quelques fantaisies qui donnent tant de charme à ses reprises.
Tout musicien commence comme ça. Puis eventuellement, compose des paroles et des musiques qui ressemblent à ce qui l'influence, comme ses compos Talkin NY et Song to Woody, qui en disent tellement sur le jeune Dylan de cette époque.
On sent sa connection et son enracinement avec la culture populaire. On sent un musicien en apprentissage, en transformation, prêt pour son lancement.
Un avant goût de son génie qu'on commence à entrevoir finement avant qu'il ne montre l'étendue de son talent avec Freewheelin, 1 an après.
Pour un auditeur sans attache particulière à Dylan, ça peut paraître comme un album divertissant de vieilles reprises de chanson folk. Pour un fan inconditionnel, c'est une pièce tellement précieuse du grand puzzle de son oeuvre.
Une grande valeur sentimentale pour moi.
Un de mes vyniles préferés, qui tourne tellement bien sur ma platine, le dimanche matin sur ma chaise en cuir qui bascule, l'esprit embrumé, presque transportée au début des années 60 revivant les balbutiements du folk rock de greenwich et l'héritage de la musique populaire des années précédentes...