Boot!
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Boot!

Album de The Thing (2013)

The Thing – Boot! – (2013)


Ceux qui ont rencontré « The Thing » avec le délicat « The Cherry Thing », en compagnie de Neneh Cherry, pourraient être surpris de se retrouver face à une formation, comme le révèle la pochette, pleine de testostérone…


De grands musiciens, bien musculeux et avides de taper sur leur instrument, de l’emboucher goulûment ou d’en gratter les cordes. Mats Gustafsson joue des saxs de toutes tailles, soprano, ténor, baryton ou basse. Ingebrigt Håker Flaten tient la basse électrique, et Paal Nilssen-Love la batterie.


L’album s’ouvre sur une reprise d’« India » de Coltrane, une version assez particulière, « garage », voire « métal » pourrait convenir pour exprimer ce qu’on entend là, loin de la version d’origine, fine et délicate, ouverte sur la musique des Indes. Ici on se place dans le massif, la matière brute, voire brutale. Ça déménage sévèrement et on pense à Brötz qui sait très bien faire ça !


Il y a une autre reprise également, « Heaven » de Duke Ellington, qui est un extrait du « Second Concert of Sacred Music ». La référence de démarrage est donc également assez éloignée de la musique de ces punks jazzeux, mais j’ai envie de plaider pour l’effort fait, car ça ne déborde pas trop, trop…


Il y a comme une sorte de retenue qui convient bien à la pièce, non pas que Coltrane ait été mal servi, mais on sent qu’ici on ne fait pas de « rentre dedans » et qu’il y a comme une forme de respect qui pointe, sans doute le côté sacré attire-t-il une forme de modération, au moins les cris sont-ils plaintifs…


Il y a également une pièce signée par le seul Ingebrigt Håker Flaten, « Red River » qui est bien chouette et bien énervée, avec pas mal de jus et d’électricité, et un Paal Nilsen-Love qui frappe méchamment, comme il sait faire quand il fait, Gustafsson envoie bien les plats également, une pièce de haut niveau bien menée…


Trois pièces sont signées du trio, « Reboot », « Boot » et, pour ceux qui possèdent la version cd, « Epilouge » qui termine l’album sur un titre bonus improvisé d’une durée de quatorze minutes, très bien foutu, intense et absent du format vinyle, information utile à l’heure du choix.


Ainsi l’album est-il excellent et très recommandable pour ceux qui souhaite un petit décrassage des tympans. C’est le premier album de « Trost », c’est-à-dire « The Thing Records », label naissant qui devrait regrouper les albums de la formation.

xeres
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il y a 4 jours

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