Mike Osborne Trio ‎– Border Crossing (1974)


Mike Osborne est un musicien anglais, saxophoniste, plutôt à l’alto, mais également clarinettiste et même pianiste à l’occasion. Né en 1941, il a passé dix années de sa vie au sein des orchestres de Mike Westbrook, il a côtoyé des musiciens de renom, comme Alan Skidmore ou John Surman, chez qui il restera également.


En 1970 il forme un trio avec le batteur Sud-africain Louis Moholo et le bassiste Harry Miller. C’est dans ce contexte qu’il enregistre cet album sous son nom. Au titre de l’anecdote c’est également la même année et chez le même éditeur qu’Harry Miller a sorti le fameux « Children At Play », bien aimé des amateurs de contrebasse.


S’il fallait rechercher dans la vitrine des altistes contemporains de Mike Osborne, il me semble que deux noms surgissent très rapidement, des influences sans doute, mais quel altiste n’a pas été influencé par ces deux-là ? Je pense à Jackie McLean pour l’attaque et la puissance et à Steve Lacy pour le phrasé et l’art répétitif également. Il y a un peu tout cela mélangé dans le son de Mike Osborne.


La formule du trio est d’ailleurs très révélatrice du jeu de chacun et particulièrement de celui de Mike, très carré, expressif avec un côté « rentre dedans » qui fait bien, comme sur « Riff ». Mais il est également pourvoyeur de mélodie et peut se montrer très sensible dans les passages lents. Son éventail est assez large, son expression sincère et sans fard. A cette époque déjà il faisait partie des saxophonistes britanniques les plus en vue.


Louis Moholo se montre également à son avantage, son jeu est très en évidence sur cet enregistrement, autodidacte il a su se forger sans mal un style personnel qui évoque toutefois le grand Elvin Jones, avec lequel il partage le goût de la liberté. Il assure et en même temps joue un peu comme un soliste, ce qui deviendra la marque des batteurs de cette époque.


Avec Harry Miller on trouve l’autre pivot de la section rythmique du « Chris McGregor's Brotherhood Of Breath » qui, cette même année, va graver le très bon « Live At Willisau », une période très riche en effet ! Harry joue le plus souvent pizzicato, mais il sort de temps en temps son archet comme sur « Ist » et ses airs de folklore. Très solide il est la troisième pierre brute ici, c’est l’axe autour duquel tout se passe. La seule compo qui n’est pas signée « Osborne » est de lui, « Awakening Spirit ».


Un bon album, âpre et sec, direct et sincère.

xeres
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le 19 mars 2026

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