Sous son alias Daphni, Dan Snaith délaisse la dimension introspective et mélodique de Caribou pour se concentrer sur une approche plus frontale, taillée pour les clubs. Butterfly ne fait pas exception : 16 morceaux courts, fonctionnels, souvent construits autour de loops ultra efficaces et d’un sens du rythme quasi chirurgical.
Sur le plan purement club, difficile de nier l’évidence : ça groove immédiatement. Les samples sont précis, les montées calibrées, les structures pensées pour s’intégrer naturellement dans un DJ set house. L’album fonctionne presque comme une banque de tracks prêtes à mixer, avec une cohérence solide et un sens du détail qui témoigne de l’expérience de Snaith derrière les platines.
En revanche, si l’on s’attarde sur la démarche artistique ou la profondeur émotionnelle, le contraste avec Caribou est frappant. Là où ce dernier explore des territoires plus cérébraux et nuancés, Daphni reste ici dans un cadre strictement club, avec peu d’expérimentation hors des codes établis.
Au final, Butterfly est un projet efficace et clairement calibré pour le club. Ça groove, ça fonctionne, mais passé l’impact immédiat, il ne reste pas grand-chose. À force de rester dans un cadre aussi balisé, l’album finit par tourner en rond et devient même un peu lassant.
Si vous n'avez que 3 morceaux à écouter : « Sad Piano House », « Clap Your Hands », et « Waiting So Long ».