Marion Rampal, Quatuor Manfred Feat. Raphaël Imbert – Bye-Bye Berlin (2018)
Marion Rampal est une chanteuse qui m’a beaucoup embarqué dans ses choix et ses projets, bien qu’ils n’appartiennent pas tous à la sphère jazz qu’on aime tant par ici. Elle est demeurée toujours proche d’Archie Shepp, participant aux différents concerts et spectacles live d’importance qu’il a mené sur les scènes parisiennes et répondant toujours favorablement aux demandes …
Mais ici point de Shepp, Marion Rampal est bien au chant, mais entouré par le Quatuor Manfred, de facture classique. Il est composé par Marie Béreau, premier violon, Luigi Vecchioni, second violon Emmanuel Haratyk, alto et Christian Wolff au violoncelle. Le jazz est toutefois présent grâce à la participation de Raphaël Imbert aux saxophones et à la basse clarinette.
Comme l’indique le titre, l’album est une plongée dans le Berlin des années vingt et plus, la misère le côtoie à la vie nocturne des cabarets qui s’érigent en exutoire, permettant de supporter le reste. On pense évidemment à « L’ange bleu » resté dans les mémoires, à Kurt Weil et son « Opéra de quat’ sous » et à « Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny ».
Mais plus encore à l’écrivain anglais Christopher Isherwood et à sa nouvelle « Goobye Berlin », qui inspira la revue musicale « Cabaret » avec Lotte Lenya et le film « Cabaret » de Bob Fosse de soixante-douze. Voilà en gros le terreau sur lequel se construit cet album.
Marion chante le premier titre « Youkali », un poème d’Alphonse Leduc sur une musique de Kurt Weil » en français. Les autres titres sont chantés soit en allemand le plus souvent ou en anglais, on reconnait des titres célèbres ici ou là, comme « Mack the Knife » par exemple. Au total il y a dix-sept chansons ou lieder, composés par Kurt Weill, Paul Hindemith, Hanns Eisler, Friedrich Hollaender, Bertolt Brecht, il y a même une pièce d’Alban berg…
On appréciera Raphaël Imbert sur « Solidaritätslied » par exemple, mais aussi le quatuor Manfred sur des titres dédiés. L’album n’est donc pas conseillé à ceux qui sont rétifs aux accents du quatuor à cordes, car il prédomine ici. Je reconnais que l’album est un peu hybride, entre chanson, classique et jazz, répertoire ancien et éclairage plus moderne, c’est un fourre-tout qui se présente, fabriqué avec des bouts de ficelle issus de terroirs différents. Mais domine ce répertoire cabaret qui peut plaire à quelques-uns…