Byrd in Hand
8.1
Byrd in Hand

Album de Donald Byrd (1959)

Donald Byrd – Byrd In Hand – (1959)


« Byrd In Hand » est un album enregistré le trente et un mai, et dans les bacs dès le mois de décembre de cette année cinquante-neuf. C’est qu’il possède une légère particularité qui se loge dans sa musique. Classé « hard bop » car dans l’air du temps, il garde cependant, le temps de quelques titres, un penchant tout particulier pour le « cool jazz » qui se marie bien avec le goût de Donald Byrd pour les chouettes mélodies et les belles harmonies.


Dès « Witchcraft » le titre d’ouverture signé par « Leigh & Coleman » la magie s’installe avec ce titre mid-tempo. Byrd ouvre, soutenu par la basse chantante de Sam Jones et le druming subtil d’Art Taylor, bientôt rejoints par le piano de Walter Davis qui fait des grâces, jusqu’à l’arrivée du grand Charlie Rouse au sax ténor, sur du velours il succède à l’avant à Byrd, puis cède gentiment la place à Wynton kelly qui balance doux également, Charlie revient quelques mesures avant de laisser à nouveau la place à Donald Byrd, alors qu’au fond gronde gentiment la grosse voix du baryton de Pepper Adams. Le décor est planté et le charme opère déjà : voilà un album qui annonce de grandes choses.


Arrive alors deux titres successifs de Donald Byrd, le premier « Here am I » s’annonce avec un court et merveilleux thème qu’il joue en compagnie du baryton, et cette coolitude balancée qui nous était promise arrive bien à l’heure. Donald joue les notes simples, bien détachées et articulées, qui font le bon jazz facile à écouter, qui séduit d’emblée et garantit le plaisir lors de l’écoute, sa conversation passionnante avec Pepper Adams promets beaucoup, alors que les accords interrogatifs de Walter Davis s’imprègnent avec force dans notre cerveau toujours en attente…


Puis vient « Devil Whip », cette fois-ci on dévale la pente à fond la caisse, poursuivi dans ce train d’enfer à la mode hard bop, qui fonce up-tempo vers le grand vide, une séquence qui secoue bien… « Bronze Dance », une pièce de Wynton Kelly, envoie bien également et offre une farandole de bons solos. Mais c’est « Clarion Calls » toujours signée par le pianiste, qui vit davantage, avec un Pepper Adams rond et généreux, un Donald Byrd qui monte et descend les escaliers dessinés sur les partitions à la vitesse du cheval qui galope autour du Mont St Michel !


L’album se termine avec un autre titre du trompettiste, « The Injuns » qui envoie fort encore, un bel au revoir encore plus vif et plus pétillant, de quoi vous faire tourner la tête car la vitesse est en mode surmultiplié qui décoiffe et vous soulève votre chapeau !


A noter la prise de vue sur la pochette, effectuée dans les extérieurs des Studios Van Gelder. Un bon album donc !

xeres
9
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le 3 juin 2025

Critique lue 16 fois

xeres

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