Henry Threadgill – Carry The Day – (1995)
Un peu naïvement j’ai longtemps cru avoir fait le tour de la musique d’Henry Threadgill en écoutant ce qu’il faisait à l’intérieur de l’excellent groupe « Air ». C’est juste une grosse bêtise et je ne m’en aperçois que maintenant, presque trente années après que cet album soit paru…
Je me rattrape un peu aujourd’hui, par chance la musique contenue est si moderne et hors du temps qu’elle ne souffre en rien de cette longue ignorance, l’album paraîtrait aujourd’hui qu’il serait tout aussi formidable, et s’inscrirait sans mal au milieu de l’actualité musicale en conservant son exceptionnelle originalité !
Pour résumer il m’apparaît juste comme un génial OVNI, venu d’ailleurs très certainement, mais trimballant dans son sillage des musiques éternelles venues de partout, sans anachronisme ni uchronie, il véhicule simplement une stupéfiante part d’éternité.
Du coup il se place haut, tout là-haut, dans le top de mon top, il me faut l’écouter et le réécouter, et veiller surtout à ne pas m’en gaver, en conserver la fraîcheur première le plus longtemps possible. Les suiveurs peuvent y aller, il a encore cinquante années d’avance, de pièce en pièce il surprend, étonne et subjugue.
Un comme ça, c’est pas tous les ans, et moi qui suis blasé de tous ces réveillons et autres festivités convenues, me voilà happé par cet E.T. qui me procure une secrète jubilation, du genre qui va suffire à ma joie, je rentre donc dans cette nouvelle année bonnard et heureux, avec cet album qui devrait me faire traverser plus que la journée, et m’accompagner vers de douces recherches…
Pour la musique, je ne vous en dis rien, sinon qu’il est bon d’écouter l’album dans son entier, ce qui n’a rien d’une épreuve…