Boris Vian est certes un peu plus connu pour ses romans que pour ses chansons. Quoique.
En écoutant, je me suis aperçu que je connaissais certaines de ses chansons, mais peut-être plus en reprise (J'suis snob, le déserteur, on n'est pas là pour se faire engueuler, je bois). En réalité, tout cela est passé dans le patrimoine. Et c'est mérité.
C'est musicalement du classique : un bon jazz mêlé d'esprit de chansons populaires dites réalists à la française, souvent bien enlevé, façon music hall. On voit bien Boris Vian chanter tout cela sur des petites scènes de cabaret, accompagné de son orchestre.
Les paroles sont, elles, très engagées, jusqu'à susciter la censure : pacifistes, antimilitaristes, démontrant la bêtise du bon sens, le snobisme. Il tire à tout va. Et souvent avec drôlerie.
On ne s'ennuie pas dans cet album. Et les contempteurs de notre période actuelle, se plaignant qu"'on ne peut plus rien dire" (souvent pour dire des conneries racistes, homophobes ou mysogines) ont oublié qu'on ne pouvait VRAIMENT pas toujours tout dire fut un temps (et souvent pour dénoncer la guerre, l'armée et autres institutions de l'état).
Boris Vian, avec le Déserteur, en est un exemple, mais Hara Kiri et d'autres ont subi les fourches caudines des censeurs de la IVème république et des débuts de la Vème.
Allez, je remonte la note à 8.