David Enhco - Marc Perrenoud – CHET – (2023)
David Enhco revient, après le très bon « Family Tree » de l’année précédente, voici « CHET » l’hommage au trompettiste Chet Baker. Encho est en duo avec le pianiste suisse Marc Perrenoud. Il y a deux versions proposées à la vente, l’une au format Cd avec onze titres, et l’autre au format vinyle avec dix titres seulement, il manque « Pierrot » signé David Encho, l’interlude numéro trois: La fourberie est mise à jour !
Comme indiqué ci-dessus trois interludes signés Encho s’insinuent dans la suite des titres, pour autant, aucune pièce de Chet Baker n’est présente ici, malgré le titre de l’album. C’était pourtant un grand compositeur et il n’y avait pas trop à creuser pour trouver quelques superbes compos du maître à honorer ici. Ça indispose un peu l’admirateur de Chet que je suis.
Je me dis que Chet avait une vie erratique, qu’il était sous l’influence des drogues, qu’il a connu la prison, les expulsions, la pauvreté et que, lorsqu’il décrochait un contrat, il trouvait des musiciens du coin et que le répertoire, bien souvent, n’était qu’une suite de standards bien connus de tous, afin que le concert puisse être donné ou l'enregistrement effectué. Il est vrai que Chet excellait en tout et qu’il a su élever les standards vers des sommets rarement atteints.
Ainsi huit standards se trouvent regroupés ici, mais où se niche Chet Baker ? Car, pour qui est imprégné de sa musique, de ses standards et de sa façon unique de les jouer, ou de les chanter, le challenge s’avère immense et forcément indépassable, alors se pose la question de ce titre, qui aurait pu être un autre, avec cette même musique à l’intérieur…
Je n’irai donc point à la recherche du bohème Chet sur cet album, mais je profiterais plutôt de ces versions souvent polies et impeccables, de titres du répertoire mondial du jazz, joués par ces deux bourgeois-bohèmes à la technique sans défaut, affûtée à l’apprentissage de la musique classique.
Car il n’y a pas vol, ces deux musiciens forment un magnifique duo, très à l’aise tout au long de l’album, évidemment admiratifs de Chet, et même si je me prive de cette partie du récit, il y a là un très bel album, à aimer pour ce qu’il est : juste un bel album de jazz, admirable jusque dans les détails !