Louis Sclavis – Chine – (1987)
Tout le monde ou presque connait Louis Sclavis, pourtant on n’en parle guère, comme s’il était passé de mode, oublié dans un coin, c’est pourtant un musicien intéressant, avec une belle trajectoire, et surtout très accessible, amoureux des beaux thèmes et des folklores, toujours actif il possède dorénavant une discographie bien musclée…
Ce cadre des folklores le définit bien puis qu’il est membre de l’ARFI, Association à la Recherche d'un Folklore Imaginaire. Il a d’ailleurs participé à deux groupes phares de l’époque, le « Workshop de Lyon » et le « Marvelous Band ».
Cet opus est plutôt à classer vers les débuts, il est très représentatif de cette période et se classe volontiers, parmi d’autres, dans les réussites du musicien. Louis atteint avec cet opus son objectif, élargir son auditoire et offrir un album séduisant, très préparé et travaillé, écrit et bien rôdé, en osmose avec son quintet.
Louis joue des clarinettes, l’ordinaire et la basse, ainsi que du saxophone soprano. Il est secondé par Dominique Pifarély au violon acoustique ou électrique, il y a également François Raulin au piano, et aux claviers divers, Bruno Chevillon à la contrebasse et enfin Christian Ville à la batterie. Que d’excellents musiciens pour la plupart déjà bien réputés !
L’album se tient aux standards de l’époque pour la durée, atteignant difficilement les trente-huit minutes, du coup il passe assez vite, les pièces sont majoritairement courtes et mêmes pour trois d’entre elles très courtes, moins de deux minutes. Elles sont par contre plutôt composées dans les détails et les espaces pour les improvisations sont très délimitées.
Les folklores incluent les lointains, comme l’Afrique ou l’Argentine et probablement l’Asie si l’on se fie au nom de l’album. Les titres les plus réussis me semblent également les plus longs, comme « Duguesclin », le titre d’ouverture qui s’intéresse au folklore régional et qui, à l’époque, était bien diffusé en radio. Il y a également « Rébarbatif I » qui dépasse les huit minutes qui est remarquable avec un Pifarély d’apparat. On pourrait également citer « Tango », qui balance, bien évidemment.
Il existe une réédition double Cd de cet album, couplé avec l’excellent « Chamber Music » qui est tout aussi remarquable, une solution économique pour aborder ce musicien.