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le 1 mars 2016
Tel un livre ouvert...
Ce disque n’est pas un disque comme les autres, non, il est de Manchester, il est noir comme son charbon, il est sinistre comme ses usines, sombre comme la fumée produite par les machines, on n’y...
Ce disque n’est pas un disque comme les autres, non, il est de Manchester, il est noir comme son charbon, il est sinistre comme ses usines, sombre comme la fumée produite par les machines, on n’y file plus le lin, ni le coton, mais le chômage et le désespoir. La suie colle aux murs, la sueur colle au corps, heureusement il y a le rock… Manchester c’est une scène, comme Londres ou New-York: Les Smiths, les Buzzcocks, The Fall, Happy Mondays, The Stone Roses et un peu plus tard Oasis. Mais le groupe qui est Manchester, laborieux, tragique et désespéré c’est Joy Division. Il est passé comme une comète dans l’histoire du rock, qui secrète des groupes à chaque seconde, mais son empreinte froide, lancinante, imprègne la musique vivante. Le Punk est en train de mourir, le cadavre n’est pas encore froid, maintenant c’est l’heure de la Cold Wave.
Joy Division c’est avant tout Ian Curtis, sa voix détachée, atone, récite avec une distance qui engendre une atmosphère sombre et inquiétante, vide et crépusculaire. D’ailleurs rien de joyeux dans ces « divisions de la joie » qui font écho à un triste passé. Ian Curtis est épileptique et neurasthénique, après plusieurs tentatives de suicide, il trouvera la corde qui va finir par le pendre. La vie de Ian est triste, et cela s’entend et cela se voit. Sur scène tantôt immobile, tantôt agitant frénétiquement ses bras, cherchant sa respiration, comme un désespéré luttant face à la noyade, il subjugue son auditoire, fascine les spectateurs, il ne joue pas, il se livre et s’ouvre tel un livre.
Le batteur Steve Morris est essentiel dans le son du groupe, il semble jouer en « creux » ce qui accentue le sentiment de froideur, d’autant que les guitares jouent de façon syncopée, basse hypnotique et guitare acérée. Tout est en place pour agiter le petit monde de rock, les suiveurs sont déjà prêts.
Closer paraîtra juste après la mort de Ian Curtis en juillet 80, Atrocity Exhibition ouvre l’album, roulements de tambour inquiétants, psalmodie, voix distanciée, ça y est on plonge, aspiré par ces ravins sans fond. Isolation, Hypnotique aux paroles en forme de regret et d’échec : « Maman j'ai essayé s'il te plaît crois moi, Je fais du mieux que je peux. J'ai honte de ce que j’ai fait, J'ai honte de ce que je suis. »
Passover déroule une magnifique mélodie enrobée dans un linceul concocté par Hannett qui a magnifiquement produit l’album, ultime touché du coloriste qui parfait l’œuvre. Colony et A Mean to an End achèvent la première face dans une atmosphère désolée de regret, de remords et d’impuissance. Ce sentiment d’absurdité se perpétue différemment sur la seconde face, plus apaisée. Le premier titre Heart and Soul servira à l’intitulé de l’intégrale qui sortira plus tard, « Cœur et âme, l’un brûlera, l’un brûlera »…Twenty four hours chanson sur le doute et l’inquiétude, toujours, toujours… The Eternal avance au rythme d’une procession, lent et majestueux, apaisé, enfin… Decade est l’ultime volet de ce closer qui s’apaise « Voici les jeunes gens, des fardeaux sur les épaules…[…] où sont-ils passés ? Où sont-ils passés ? » Lumineuses et sereines les dernières notes de cet opus n’en sont pas, finalement, les moins inquiétantes...
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le 1 mars 2016
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le 1 mars 2016
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