Joshua Abrams' Cloud Script – Cloud Script
Un album sorti en décembre 2020 mais enregistré en septembre 2016 dans les studios « Electrical Audio » de Chicago. Il reviendra au label Rogueart de donner vie à ces bandes sorties sous forme de Cd ou de vinyle, pour les distinguer sur catalogue ou sur le net, les vinyles possèdent une barre noire, blancche et rouge dans le sens de la diagonale.
C’est le Joshua Abrams' Cloud Script que l’on écoute ici, l’album se nomme donc, sans surprise, « Cloud Script ». Je vous avais présenté déjà deux albums de Joshua Abrams, « Natural Information » sorti en 2010 et « Represencing » qui date de 2012, on se souvient du Guimbri qui était l’instrument central des ces deux magnifiques albums. On va le constater, le présent album est très différent.
En effet, il s’inscrit dans un jazz plus « classique », bien que ce ne soit pas du tout du jazz traditionnel auquel nous avons affaire, mais nous abandonnons les instruments exotiques et électro pour retrouver un quartet conventionnel.
Ainsi Joshua joue de la basse, Gerald Cleaver de la batterie, Jeff Parker de la guitare et Ari Brown de saxophone ténor. Une très belle formation sur le papier avec des musiciens de renom, six compositions au total, toutes signées par Abrams. Ainsi nous retrouvons les équilibres propres au jazz moderne avec une grande place accordée aux improvisations.
On pense à Jeff Parker et sa guitare, bien sûr, ex membre de Tortoise et de l’AACM, déjà sur International Anthem au moment de l’enregistrement de cet album. Chacune de ses interventions est un régal.
Il faut aussi parler d’Ari Brown qui joua avec le Kahil El'Zabar's Ritual Trio pendant de longues années, y compris sur l’album où figure Pharoah Sanders, il fit également parti du groupe « The Awakening » à l’époque de « Black Jazz Records » et joua également dans la formation de Lester Bowie. Merveilleux saxophoniste au son pur et cristallin, plein de feeling, il maîtrise le post bop dont il peut se libérer si nécessaire pour s’échapper des trames traditionnelles.
Joshua Abrams lui aussi emmène sa basse dans des terrains moins conventionnels et en tire avec l’archet des sonorités inusitées, les morceaux ici sont plutôt courts et chacun dit beaucoup, le temps de quelques accords, la succession rapide des solistes apporte beaucoup d’énergie à l’enregistrement qui gagne encore quand l’impro est collective.
Gerald Cleaver est également une pointure du jazz moderne, il a joué avec tant de musiciens qu’il serait vain d’en faire la liste, il fait partie de la famille dont il est un noble représentant, entouré, ici, de ses amis.