Cloudward
7.3
Cloudward

Album de Mary Halvorson (2024)

Mary Halvorson – Cloudward – (2024)


Cet album sera la première parution, dans ce coin, d’un album paru cette année, malgré qu’il ait été composé et enregistré en mars deux mille vingt-trois. Bien que l’album soit au nom de Mary Halvorson et qu’elle en a écrit toutes les compositions et fait tous les arrangements, les musiciens qui jouent ici forment le sextet « Amaryllis ».


Mary est bien entendu à la guitare, Adam O’Farill à la trompette, Jacob Garchik au trombone, Patricia Brennan au vibraphone, Nick Dunston à la basse et Tomas Fujiwara à la batterie, il y a une invitée sur le titre « Incarnadine », c’est Laurie Anderson qui joue du violon.


Voici le décor bien planté, je peux déjà vous donner mon impression d’ensemble qui est très bonne, l’album est vraiment une belle réussite, il y a beaucoup d’équilibre et de justesse ici, que ce soit dans le jeu des musiciens, vraiment rutilant, ou dans les compos, qui brillent par la très grande qualité des arrangements, tout est lumineux ici.


On sent le travail dans les détails, la précision jusque dans la finesse, l’équilibre magique et le rôle extraordinairement pesé de chaque instrument, pour tout dire on est même ébloui ! Il m’arrive de penser à John Zorn, maître à ce jeu-là, ce premier album de l’année me semble tout bonnement extraordinaire !


Il est même difficile de sortir un titre, tant l’ensemble est parfait, avec quelque-chose d’hors-norme, ce sans faute probablement. Mary Halvorson joue du sextet dans son ensemble, jamais la guitare ne prend le dessus, plus qu’un autre instrument, il est même probable que ce soit le vibraphone de Patricia Brennan qui soit le plus en avant, mais rien n’est sûr, car il se passe tellement de choses autour, particulièrement ce jeu de guitare malin et roué qui occupe les espaces, pourtant serrés.


La sixième pièce « Incarnadine », où joue Laurie Anderson, est sans doute la plus ouverte, laissant une grande place à l’improvisation, desserrant le délicieux étau de ce contrôle, opéré par la précision chirurgicale de l’hôtesse, maîtresse des lieux, de l’ordonnancement, et garante de ce fol équilibre qui jamais ne branle.


Tout le monde comprend bien qu’ici se trouve le meilleur album de l’année, particulièrement par son unicité dans ces parages, mais il se pourrait que cet état de chose dure… c’est ce que pourrait laisser penser cette pièce, « Ultramarine », un poil plus longue que toutes les autres, qui ferme cet album hautement recommandable, si je puis me permettre !

xeres
10
Écrit par

Créée

le 17 juil. 2025

Critique lue 6 fois

xeres

Écrit par

Critique lue 6 fois

Du même critique

Lanquidity

Lanquidity

10

xeres

1862 critiques

Un voyage dans le "Space-Jazz-Rock"...

Plus que tout autre, Sun Ra est une bibliothèque, il a parcouru, lu et écrit l'histoire du jazz, de l’intérieur, il a vécu les évolutions et participé aux révolutions. Membre actif de cette longue...

le 28 févr. 2016

Bitches Brew

Bitches Brew

10

xeres

1862 critiques

Critique de Bitches Brew par xeres

Ce qui frappe en premier lieu, c’est la beauté de la pochette créée par Mati Klarwein. On la devine symbolique, plus particulièrement quand elle s’offre déployée, pochette gatefold ouverte. On...

le 5 mars 2016

Both Directions at Once: The Lost Album

Both Directions at Once: The Lost Album

10

xeres

1862 critiques

Critique de Both Directions at Once: The Lost Album par xeres

« Il » est arrivé ce matin, bien protégé, sous cellophane, belle pochette avec deux triangles découpés laissant apercevoir la sous-pochette… Le vinyle avec le prestigieux macaron « Impulse »,...

le 2 juil. 2018