Là où une grande partie des amateurs de dubstep se méprennent, c'est dans la définition du mouvement elle-même : certains y entrevoient un genre proche du drum'n'bass, de l'électro de base au beat lancinant avec des basses grasses & agressives (& c'est à mes yeux le faux/mauvais/honteux morceau du dubstep) ; d'autres comme moi se rattachent aux origines du concept, puisant dans les références dub, techno, 2-step & ambient pour trouver la source du mouvement, à la fois bien plus ténébreuse & profonde que la réputation que ce dernier traîne comme un fardeau.
"Clubroot", éponyme de l'artiste l'ayant composé, c'est l'exaltation d'un minimalisme rythmique à la sauce Burial couplée aux longues notes atmosphériques faisant songer à des incantations. C'est l'infinie perfection d'un album se présentant à la croisée des genres, mêlant toutes les électroniques oniriques imaginables (force est de constater son professionnalisme à ce sujet dans les opus qui ont suivi, "Clubroot II" & "Clubroot III").
Délicieux intermède d'ambiance, cet album-concept peut être écouté en toute circonstance, à l'instar des oeuvres de Brian Eno : on se sent transcendé dans une jungle équatoriale aux murmures obscurs & à l'humidité quasi-étouffante, luttant ou se laissant aller, selon le titre, à travers les feuillages & les obstacles à l'immensité paradisiaque que laisse présager le titre "Talisman".
Malgré deux ou trois bourdes notables dans l'enchaînement des titres (en ce sens que parfois l'ambiance se fait tellement légère qu'elle fait fuir nos pensées, presque littéralement), il s'agit ici d'une grande oeuvre. J'ose espérer que Clubroot continuera à nous servir ce genre de délice auditif.
Satané
8
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Créée

le 17 nov. 2012

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