Sorti quelques mois après « Jesup Wagon » voici « Code Of Being » enregistré par le James Brandon Lewis Quartet et sorti en octobre deux mille vingt et un. Le saxophoniste ténor est accompagné par Aruán Ortiz au piano, Brad Jones à la basse et Chad Taylor à la batterie. L’album é été enregistré au mois de mai, en Suisse dans les studios Winterthur à Zurich, pour Intakt.
James Brandon Lewis est, sinon à la mode, du moins sur le devant de la scène et il n’y a là rien de scandaleux car il le mérite bien. Il se situe dans une certaine tradition du jazz, sans pour autant être traditionnel, car il sait s’échapper des codes et des règles tout en restant écoutable par tout un chacun.
Il me semble que ce qui le caractérise peut-être le plus, c’est son lyrisme, il conjugue le sens de la mélodie en même temps que celui de la tragédie, il sait également se montrer sentimental, emporter son auditeur et soulever l’âme avec facilité, on pourra se souvenir de Coltrane dans son jeu, comme sur « Code of Being », tout autant que de Sonny Rollins en écoutant par exemple « Archimedean » ou "Per 4".
Il ne s’échappe jamais dans le cri, mais il pratique le free et peut vous emmener au pays des dissonances sans que vous perdiez le nord, me semble-t-il, il y aura toujours un marchepied pour vous sauver. Ainsi on passe par de multiples voies différentes, y compris par les chemins plus traditionnels comme le blues ou les négro spirituals, le large éventail de la musique noire offre de multiples pistes à explorer et il s’y entend pour vous y emmener et vous les faire parcourir, tout en gardant une incroyable cohésion à son fabuleux quartet.
James Brandon est également un formidable compositeur, chacune des huit compos présentes ici est une perle, un terrain à improvisations, un territoire à défricher. Son quartet est formidable, des talents partout, Chad Taylor qui fait figure déjà de vieux compagnon ou Aruán Ortiz si complémentaire ou bien encore Brad Jones, le William Parker en second.
Encore une sortie magistrale de l’année vingt et un qui vient de s’achever…