DKV Trio, The Thing – Collider – (2016)
Pour aller directement aux faits, intéressons-nous au DKV Trio qui est formé par Hamid Drake à la batterie et aux percussions, Kent Kessler à la contrebasse et Ken Vandermark aux saxs ténor, baryton et à la clarinette basse. La formation « The Things » est constituée par Ingebrigt Håker Flaten à la contrebasse, Paal Nilssen-Love à la batterie et Mats Gustafsson aux saxs ténor et baryton.
Tout ce petit monde est rassemblé autour de trois pièces qui, ensemble, représentent une durée totale de près de cinquante-quatre minutes. Il y a de la qualité à chaque poste, chacun apporte sa marque, son petit « plus » qui ajoute, les deux formations collaborent en effectuant une sorte de « fusion » très réussie qui fait de cet enregistrement un « maître-album » remarquable !
Imaginez la puissance rythmique de ces deux batteurs augmentés des deux contrebassistes, on pourrait parler d’une locomotion infernale qui autorise une grande liberté aux deux « reedistes », qui peuvent se permettre à peu près tout !
La première pièce est aussi la plus courte, dépassant les douze minutes, elle se nomme « Cards » et annonce bien la couleur. Une énorme explosion de free jazz jaillit entre nos oreilles, une énergie colossale se déverse et nous réjouit.
Vandermark se lance dans de courtes diatribes avec de gros effets qui fonctionnent en aller-retour, alors que Gustafsson semble vouloir faire exploser la machine en soufflant comme un beau diable !
La seconde pièce est la plus longue, vingt-quatre minutes pleines et intenses qui s’organisent sur ce « Moving Map », la pièce est dynamitée par les deux batteurs qui collaborent savamment, Drake et Nilssen-Love envoient à fond avec une énergie qui se déverse puissamment.
La dernière pièce est plus traînante, bien que massive et chaude à l’intérieur, les anches soufflent sans cesse et, petit à petit, chauffent la braise jusqu’à l’incandescence, tout du long de ce « Left And Left Again » qui se nourrit de ce brasero inextinguible dont la crémation se déroule en environ dix-sept minutes.
Tout est au top ici, et cet enregistrement est une fine réussite d’excellente « free music » à n’en pas douter !