Il y a dans COME CLOSER quelque chose qui ressemble à une récréation au sens propre : deux artistes qui se retrouvent en dehors de leurs obligations respectives et décident, simplement, de jouer. Tom Rowlands loin des Chemical Brothers, AURORA loin de ses grandes fresques nordiques, et les deux réunis dans un espace où rien n'est vraiment attendu d'eux. Ça s'entend immédiatement.
La genèse de TOMORA suit une logique évidente. AURORA est une fan déclarée des Chemical Brothers, notamment de la bande originale de Hanna dont l'univers froid et cinématique n'est pas sans rappeler son propre territoire sonore. Leur collaboration sur « Eye of Destruction » avait déjà posé les jalons : ce goût commun pour l'urgence électronique teintée d'étrangeté, pour les textures qui évoquent autant un jeu vidéo qu'un paysage arctique. COME CLOSER est la continuation naturelle de cette logique, en plus libre, en plus déployé.
L'album est inégal, c'est indéniable. Certains singles agacent un peu pris isolément. Mais à l'intérieur de l'album, ils trouvent leur place et leur sens. « RING THE ALARM », qui peut irriter en écoute autonome, arrive ici après trois morceaux plus posés et apporte exactement l'urgence qu'il faut. C'est le soin du séquençage, marque de fabrique de Rowlands, qui fait tenir l'ensemble. Les transitions sont soignées, le flux ne se rompt jamais vraiment.
Aurora, de son côté, apporte ce que personne d'autre ne pourrait : une voix cristalline et une fraîcheur presque juvénile qui allège ce que la production de Rowlands pourrait avoir de trop imposant. Le nom du projet dit tout : Tom + Aurora = TOMORA. Simple comme un jeu d'enfant. Et c'est exactement cette naïveté assumée, ce plaisir brut de faire de la musique ensemble, qui rend COME CLOSER attachant malgré ses imperfections. On aurait tort de lui demander d'être autre chose que ce qu'il est : un bel exutoire.
Si vous n'avez que 3 morceaux à écouter : « COME CLOSER », « SOMEWHERE ELSE », et « THE THING ».