Connections
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Connections

Album de Hazy Malaze (2009)

S'il mène une carrière de songwriter prolifique en solo, très influencée par les Jayhawks ou Gram Parsons, Neal Casal n'a jamais cessé de clamer son allégeance aux Rolling Stones et autres groupes de rock plus "classiques". Hazy Malaze est né de ce désir de s'amuser en dehors de sa carrière solo : une chose fort naturelle pour ce grand amateur de musique, presque toujours sur la brêche. Le trio qu'il forme avec Dan Fadel et Jeff Hill est une vraie belle formation de rock, aux contours volontairement poreux, puisque soul, funk et rock sudiste font bon ménage sur ces dix titres. "Connections" est le troisième disque du groupe, espérons que ce soit celui qui fasse disparaître l'image de side-project un peu réductrice. En tout cas, on ne pourra pas reprocher à Hazy Malaze de ne pas aller directement au but, puisque le disque est vendu en double vinyle uniquement (accompagné d'un CD ceci-dit). Tout est simple dans ce disque, ce qui est plutôt un signe d'efficacité. La voix de Neal Casal est toujours aussi claire et limpide, la basse ronronne et la batterie soutient l'édifice que referme la guitare du leader. "Get Free" ouvre ainsi le disque sur un riff classique mais imparable, avec ses airs de mitrailleuse : la construction du morceau permet même au groupe d'insérer un petit solo de guitare, loin d'être envahissant mais au contraire bienvenu. "On the Tarmac" mêle habilement un riff assez appuyé avec des pointes de soul dans le refrain, et un harmonica qui finit de rendre le titre séduisant, et "Connections" suit le même chemin. A l'écoute de ces premiers titres, il est difficile de ne pas penser aux Stones de la grande époque, aux débuts d'Aerosmith ou plus récemment aux Black Crowes. Les parties de guitare ont cette âme que l'on retrouve chez ces groupes : elles sont sincères et tellement simples qu'on penserait les avoir entendues toute sa vie, mais elles sont pourtant toujours aussi séduisantes. Alors, quand celles-ci sont mises au service d'une soul moite, ça donne l'excellent "Can't Just Give It Away", dont on jurerait qu'il fait écho au "Looking Out For You" de "Blackout Love" (précédent album du groupe). Certes bien ancré dans une époque musicale révolue, le disque ne sonne jamais daté, car on sent que chaque titre a été fait par plaisir, conviction et honnêteté. Même dans les morceaux qui tendent vers le soft rock ("Secrets Safe", "Time Is Not on our Side" et "Amazing Colors", que l'on jurerait issus d'un album solo de Neal Casal), il y a cette passion chevillée au corps, ces mélodies sans faux semblants et ce trio d'instruments, à la fois fin et simple. Le temps de deux dernières déflagrations rock, entre blues et hard-rock ("My Black Cloud", "Scavengers"), le groupe finit d'enfoncer le clou. C'est une vraie déclaration d'amour pour le rock que ce "Connections" : à écouter et apprécier en connaissance de cause ! (popnews)

bisca
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le 28 mars 2022

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