Albert Beger, Ziv Taubenfeld, Shay Hazan, Hamid Drake – Cosmic Waves – (2024)
Voici un album « NoBusiness Records » avec en vedette Hamid Drake, l’un des batteurs les plus enregistrés aujourd’hui, ses accompagnateurs sont par contre plutôt méconnus, sauf si on habite à Tel Aviv où ils officient, ainsi le saxophoniste ténor Albert Beger est une sorte de gloire locale et c’est plutôt mérité car il joue bien, avec beaucoup de cœur.
Ziv Taubenfeld joue de la clarinette basse, avec Beger ils font la paire et se cherchent bien, non pas qu’ils soient querelleurs, mais le duo les stimule avec bonheur. Shay Hazan est le contrebassiste, mais il joue également du guimbri, un instrument africain ancien, qui attire souvent les contrebassistes curieux.
Hamid Drake est passé une première fois à Tel Aviv en deux mille cinq, et il a laissé un grand souvenir, aussi, depuis, il lui arrive de passer au club « Levontin 7 », où il occupe la scène, il faut dire que ce club appartient à Assif Tsahar, le saxophoniste bien connu des amateurs de free. D’ailleurs la première pièce de l’album, « A Question Of Universality », ainsi que la dernière, « Astral Visit » sont issues de l’un de ces concerts, donnés en ce lieu, en juillet deux mille vingt-trois.
Les deux autres pièces ont été enregistrées deux jours plus tôt aux « Kitchas Studios », par Uri « Momo » Barak, précise-t-on sur les notes de pochette. Alors, bien sûr que Drake est franchement considérable, il est partout, fourmille d’idées et de propositions et quand les autres s’y mettent également ça donne un truc formidable, comme le magnifique « Into The Horizon », très habité par le duo des souffleurs très inspirés, propulsés par une rythmique magnifique où brille le guimbri de Shay Hazan qui réveille les musiques du Maghreb.
Sur la pièce « The Steamer » qui suit c’est à nouveau Shay qui prend un assez long solo, à la contrebasse cette fois, ensuite les deux souffleurs, toujours aussi excellents régalent en se stimulant l’un, l’autre, épousant les mêmes formes puis les développant en laissant remonter une certaine tradition, mais ça ne dure qu’un temps.
Seule la dernière pièce, « Astral Visite », ne possède pas une base improvisée, elle est signée du saxophoniste, elle semble un peu sombre, ou alors nostalgique et charrie quelques regrets, c’est que la musique de cet album est souvent évocatrice, elle nous parle, et, peut-être est-ce cette pointe de klezmer qui se maintient là, et transpire la tristesse, cette compagne dont on ne peut jamais se séparer bien longtemps…
Encore merci à Nobusiness, le label lithuanien qui tient encore le coup et ne cède en rien à la facilité.