Billy Cobham – Crosswinds – (1974)
Pourtant il semblait que « Spectrum » n’avait pas tout dit, certes il était plein d’énergie et d’un petit grain de folie, mais il y avait la place pour faire peut-être un peu mieux… Tous les musicos réunis sur le premier volume ont disparu, seul Billy campe encore, avec sa batterie, ses toms, ses gongs et ses cymbales…
« Crosswinds » sera donc le second dans l’ordre des parutions, on le constate il n’a pas capitalisé sur les membres anciens et propose un renouvellement radical, mais pas forcément risqué, car des valeurs sûres sont à l’ouvrage. John Abercrombie est aux guitares, il n’y a pas moins risqué.
George Duke tient les claviers, je ne suis pas toujours convaincu par ce bougre, mais ici il ne sort pas trop des cadres et fait du bon boulot. Il faut aussi parler des deux frères Brecker, Randy à la trompette et Michael aux « anches ». Les autres sont moins connus, Garnett Brown au trombone, John Williams à la basse et Lee Pastora aux percus.
La première face est une suite de dix-sept minutes en cinq mouvements, on ne s’y ennuie pas mais on ne grimpe pas aux rideaux non plus, pour ça il faudra attendre la première pièce de la face B, « The Pleasant Pheasant » qui envoie bien.
Il y a aussi le joyeux et funky « Crosswind » qui termine l’album sous de bons auspices, et au milieu « Heather », la pièce la plus longue qui dépasse les huit minutes, et qui pourrait être considérée comme le sommet planant de cet album plutôt bon, grâce à cette deuxième face.
Il faut également saluer les solistes en général qui donnent du corps à l’album, mais finalement peu sollicités au regard de la composante « jazz » qui figure dans la « fusion », enfin j’en aurais aimé davantage, les frères Brecker, Abercrombie auraient pu apporter encore davantage.
Un album que peut se procurer l’amateur de jazz-rock, mais qui ne trouvera plus, sur ce volet, la filiation qui existait entre McLaughlin et Cobham enregistrée sur l’album précédent, une page se tourne donc…