Ne pas avouer que j'ai un petit faible pour Karen serait vous mentir d'emblée.
Chanteuse atypique du groupe Yeah Yeah Yeahs elle m'est surtout chère pour ce qu'elle a pu faire en parallèle. Et en bonne chanteuse schizophrène qu'elle est Karen Lee Orzolek passe donc de son groupe rock punchy à des chansons plus douces telles celles qui jalonnent la BO de Max et les Maximonstres.
C'est un fait, même sans guitare électrique, la belle assure, soit en s'entourant d'enfants soit en prenant à bras le corps un ukulélé pour le Moon Song du film Her. Mais on ne lui retirera pas une partie de son ADN musicale aussi facilement et dans Crush Songs, si elle reste guidée par une naïveté touchante et sincère, la guitare électrique s'invite pour torturer ses histoires amoureuses.
15 histoires amoureuses qui vont aussi bien de l'amour estivale à celui pour le King, Michael. Et ce journal intime peut paraître, à juste titre, paresseux. Aucune chanson au dessous des 3 minutes, au contraire, on en retrouve même une de moins de 60 secondes.
Mais pourquoi faire compliqué pour des histoires si simples ?
Karen O n'a aucune prétention d'écrire 15 envolés lyriques sinueuses et complexes. Cet album est presque une impro d'une demi heure où la Coréenne (comme elle nous le rappelle dans Native Korean Rock) s'essaye à raconter des petites histoires parfois aussi simple qu'une discussion d'ados.
Ce qui paraîtra comme de l'abus pour certains me fait pour ma part le plus grand bien avec ce qui s'apparente finalement à un EP simple mais à la beauté ravageuse mené par une voix toujours aussi magnifique.
Cette même voix qui sur Body crie tout son amour jusqu'à se transformer en guitare éléctrique. La boucle est bouclé.