Un album de 2007 enregistré par Fred Frith, un fantastique guitariste co-fondateur d’Henry Cow, et Chris Brown que je ne connais que par l’intermédiaire de cet album. En fait rien d’étonnant à la rencontre de ces deux-là puisqu’ils sont collègues au Mills College, à Oakland, en Californie. C’est une réalité étasunienne que l’on connaît peu, l’un des débouchés possibles pour un musicien ayant une certaine renommée et quelques diplômes je pense, est l’enseignement. Par ce biais pas mal de musiciens s’en sortent financièrement.
Concernant Fred Frith, son enseignement porte sur l’improvisation et la composition, Chris Brown, lui, enseigne la musique électronique. Sur l’album Fred se consacre aux guitares, acoustiques où électriques et Chris au piano et à l’électro. C’est au collège que les deux lascars vont enregistrer l’album, entre 2002 et 2004, après un travail de mixage, il paraîtra en 2007.
Je dois dire que j’aime vraiment beaucoup ce que fait Fred Frith et cet album me va bien, toutefois c’est assez d’avant-garde et, par exemple sur « Thick Air », il y a une certaine rareté du son, les interventions sont pointillistes, frappées d’un côté et frottées de l’autre, les sons sont soumis à une lente évolution et gagnent, vers la fin, en intensité. Le titre suivant est au contraire luxuriant, bruissant, dynamique, il s’élève, croît et monte encore…
Cet album est comme un « paquet-cadeau », on ne sait pas trop ce qu’il y a dedans, les titres sont d’une extrême variété mais, en même temps, sont soumis aux mêmes contraintes auxquelles obéissent le duo, pourtant il baigne dans une grande sérénité, un album d’extérieur, plein d’air, de ciel bleu et de respirations, très « Zen », quelque chose qui repose et fait du bien, relaxant, comme de la légèreté, des bulles qui s’envolent…
Si ce n’est le terrible « Telltale Streamers of Dust » le titre d’ouverture, sombre et inquiétant, angoissant même, du coup la trajectoire générale croît vers la lumière et le soleil, c’est pourquoi il est recommandé… aux enfants !