John Zorn - Masada – Dalet – (1995)
« Dalet » est un petit peu à part dans ce premier livret de Masada, en effet, l’édition originale a été offerte par le label distributeur « Diw », contre une preuve d’achat des trois premiers Masada. Aussi il est un peu plus léger en performance, puisqu’il n’arrive pas aux dix-neuf minutes, réparties en trois titres, « Midbar », « Malah » et « Zenan ».
Une réédition, deux années plus tard le proposa à la vente, afin que les aficionados ne soient pas lésés. Il faut également signaler que lors de la réédition du trentième anniversaire, en deux mille vingt-trois, « Dalet » fut considérablement augmenté de sept nouveaux titres, rien que « Paran » frôle les dix-neuf minutes à lui seul, il faut dire qu’il contient de nombreux faux départs et d’arrêts intempestifs, il y a également des outakes, et plus d’une heure d’ajouts au total.
Une petite plongée historique nous apprend que ce fabuleux quartet, avec Dave Douglas, Greg Cohen, Joey Baron et John Zorn n’a pas été créé pour cette série sous le nom de Masada, mais qu’il s’est tout d’abord formé en quatre-vingt-treize, pour une musique de film de Joe Chappelle, qui deviendra plus tard le « Filmworks III : 1990-1995 », ceci pour les complétistes qui apprécieront.
Ces trois pièces gratuites à l’origine sont, en fait, un cadeau aux fans, même si plus tard le Cd aura, malgré son format E.P, le même prix qu’un album complet. Les pièces restent malgré tout intéressantes et méritent une publication. « Midbar » évoque la musique d’Ornette Coleman, dès son introduction, avec des éclairs d’accents klezmer qui naissent dans l’échange entre les solistes, Douglas et sa trompette et John Zorn et son saxophone alto.
« Malah » avance lentement, avec un tel poids que la pesanteur le ralentit encore, ce qu’il perd en légèreté il le gagne sur la durée, car la pièce est la plus longue et dépasse les huit minutes. Elle est malgré tout agréable avec un beau solo de Dave Douglas qui risque le blues, avant que Zorn ne s’en saisisse également. « Zenan » est par contre très enlevée, bien pulsée par Joe Baron qui envoie sérieusement.
C’est court, mais bien bon, tout ça !