Vu la critique que j’avais faite du précédent album, je ne m’attendais pas à grand-chose. Bon, ici, il y a un peu plus de morceaux et moins de reprises. « Lacri-Moged », je l’avais déjà entendue, probablement parce qu’elle était sortie avant et qu’ils en avaient fait un clip.
La reprise de « Tsigane » est pas mal, mais je préférais celle des Bérus.
Le point « fort », si j’ose dire, ce sont deux ou trois morceaux où je retrouve enfin leur style d’autrefois, celui qui me plaisait tant quand j’étais plus jeune. Le reste est clairement en dessous. On voit qu’ils essayent de créer de nouvelles choses, mais ça ne fonctionne pas — en tout cas pas pour moi.
Je l’avais déjà mentionné dans ma critique précédente, mais je regrette énormément l’époque de (feu) Louise Ebrel et Maurice Jouanno… La voix de Gwénaël, je ne peux pas.
En ce qui concerne les textes… Eh bien, heureusement que la plupart sont en breton ! Au-delà de l’aspect original, au moins on ne comprend pas ce qu’ils racontent, et c’est très bien comme ça :D
Parce que, sérieusement, des morceaux comme « No Pasaran » ou « Police Opression »… à qui s’adressent-ils ? À des ados de 13 ans ? Ce genre de contenu lyrique fonctionnait peut-être sur moi à l’adolescence, mais depuis, j’ai quand même un minimum évolué. Normalement, leur public aussi — et aujourd’hui, ce sont majoritairement des vieux.
À ce sujet, non seulement eux (les ramoneurs) n’ont pas évolué, mais ça en devient presque pathétique.
Un discours d’adulescents dont l’âge et la défonce auraient ravagé le cerveau. Il aurait été plus sage d’adopter un ton plus sobre, même tout en restant engagés (puisque les Ramoneurs se veulent engagés, et c’est bien là le problème). Après autant d’années, on pourrait s’attendre à ce que leur regard sur le monde et la politique ait un minimum mûri… Mais non : ils restent enfermés dans les mêmes discours plats et patauds, sans réflexion ni remise en question. Ça sent la paresse intellectuelle.
Au moins, sur les premiers albums, leurs reprises de « Bella Ciao » ou un morceau comme « La Blanche Hermine » s’appuyaient sur des références emblématiques de l’identité bretonne. Elles évoquaient la lutte, la guerre, la révolte pour la liberté — des thèmes qui leur allaient bien. Adapter ce patrimoine à la sauce punk, ça passait crème.
Mais pondre de nouveaux textes pour aboutir à une telle pauvreté… là, vraiment, non.
Je mets quand même la note de 6, car je trouve cet album un chouia meilleur que le précédent, auquel j'avais attribué la note de 5.