L’album « Darius » interprété par l’ensemble « Graham Collier Music » n’a rien à voir avec le roi de Perse de l’antiquité, c’est simplement le surnom que porte Graham Collier, bassiste et compositeur de la formation. Ce vinyle est sorti en 1974 et la pièce « Darius » d’une durée de 44 minutes s’est vue séparée par les deux faces du disque, l’édition Cd de 2000 présente le morceau d’un seul tenant, en compagnie de « A New Dawn » pièce intéressante mais qui n’a rien à voir avec l’épopée magnifique de Darius, toujours aussi magique aujourd’hui.
Graham Collier compose avec une précision exemplaire, un habile organisateur de tensions, possédant, en plus, un talent certain pour dénicher les meilleurs musiciens pour intégrer ses projets et s’inscrire en solistes brillants dans le canevas défini. Ainsi l’équipe des musiciens est composée par Harry Beckett (trompette et bugle), Geoff Castle (piano électrique), Graham Collier (contrebasse), Ed Speight (guitare), Derek Wadsworth (trombone), et John Webb (batterie), un sextet d’une rare cohésion pour un album qui reste inexplicablement encore dans l’ombre.
Les références auxquelles on pense ne manquent pas, Soft Machine, Nucleus et le Miles électrique évidemment, toutefois le côté « british » de la musique est puissant et, bien qu’il s’agisse incontestablement d’un album de jazz, on sent qu’il peut plaire aux amateurs de musique progressive. L’enregistrement est public « live at Cranfield Institute of Technology », d’une excellente qualité sonore, le Cd a par ailleurs bénéficié d’une re-mastérisation.