Le plus grand songwriter américain du moment est un acteur. Jason Schwartzman continue sa route de génie pop avec le second album de son projet solo Coconut Records. Jason Schwartzman est le jeune rejetonr d’une vraie famille en or. De ce côté de l’Atlantique, il est essentiellement connu pour sa brillante carrière cinématographique (Wes Anderson, Judd Apatow…). Dans le civil, le garçon est le neveu de Francis Ford Coppola, le cousin de Sofia et Roman Coppola ou Nicolas Cage et le frère de Robert Schwartzman, chanteur et leader des méconnus Rooney. Mais tout ça n’est qu’une couverture. Car Jason Schwartzman a une profession et une famille secrètes : il est le plus talentueux songwriter pop américain du moment et le frère caché d’Elliott Smith, voire même le cousin spirituel de Rivers Cuomo, car à lui seul il aurait pu sauver Weezer, qui bénéficie d’un succès d’estime illégitime depuis au moins deux albums. Loin d’atteindre le degré de splendeur de Davy, son premier album Nighttiming méritait cependant son pesant de cacahuètes pour sa brochette de pop songs bien écrites, dont la fantastique West Coast, trois minutes de songwriting digne du Phoenix des meilleurs jours, et pour son casting féminin alléchant : Kirsten Dunst et Zooey Deschanel, avec qui il collabora plus tard pour le premier album de She & Him, avaient toutes deux prêté leur voix au jeune homme. Malgré quelques titres plus secondaires, Nighttiming laissait déjà entrevoir le génie musical de Schwartzman. Une très bonne première impression que vient aujourd’hui conforter Davy, second album à ranger sans hésitation dans le tiroir des chefs-d’oeuvre, fermé à double tour depuis 2000 et Figure 8 d’Elliott Smith : plus ancré dans une tradition pop sixties que son prédécesseur, Davy est un album de 1967 paru en 2009, ou la plus belle raison de croire encore aux guitares aujourd’hui. Il ne contient aucun vocoder et rassemble le meilleur de Donovan (Wandering Around apparaît comme le touchant duplicata de Wear Your Love Like Heaven), de Lennon (Any Fun, qui n’aurait pas détonné sur Plastic Ono Band), des Beach Boys, Wings et autres Ed Harcourt. De Microphone, premier morceau à l’élégance sobre, à Saint Jerome ou Drummer, Schwartzman enchaîne une douzaine de perles sur un fil de soie et décroche complètement le coconut, agençant au final un album qui rappelle l’effet provoqué par les excellentes bandes originales de son ami Wes Anderson. Publié uniquement sur son label Young Baby Records, Davy constitue la plus belle surprise pop de 2009, ce qui n’empêche pas le modeste Jason d’achever le festin sur une interrogation, Is This Sound Okay?. Franchement,on n’avait pas entendu aussi “ok” depuis belle lurette. (inrocks)
Musicien/Comédien, le mélange des genres n’est pas récent, de David Bowie à Beyonce en passant par Chan Marshall, Will Oldham, Scarlett Johansson ou Benabar... Jason Schwartzman n’est pour l’instant pas un acteur très connu, même si sa performance en Louis XVI dans le « Marie-Antoinette » de Sofia Coppola ou plus récemment dans « A Bord du Darjeeling Limited » de Wes Anderson, dont il est un des acteurs fétiches, l’ont fait connaître auprès d’un plus large public. Membre de la fratrie Coppola (neveu de Francis), Schwartzman a pourtant commencé par la musique avant de se faire une place au cinéma. Batteur du groupe Phantom Planet (auquel il fait référence sur le titre Drummer ici présent), qu’il quitta au moment où sa carrière cinématographique se mit à décoller, il décida de créer Coconut Records en 2007, un projet solo qui lui laisserait toute latitude pour gérer de front ses 2 carrières. Après un premier album, "Nighttiming", remarqué, grâce notamment au single West Coast, Jason Schwartzman est de retour avec "Davy", deuxième opus des aventures de Coconut Records. En 10 titres et 28 petites minutes, Schwartzman nous invite à une ballade en décapotable sur la côte californienne, lunettes noires sur la tête et soleil haut dans le ciel. Influencé par la pop 60’s (Beatles), il a composé des mélodies pop aussi simplistes qu’efficaces, ici à la guitare acoustique (Microphone ; Wandering Around), là au piano (Any Fun ; Saint Jerome). Loin d’être le passe-temps d’un gosse de riche gâté, Coconut Records est un projet musical à part entière qui vaut le détour. Si par malheur sa carrière cinématographique venait à battre de l’aile, Jason Schwartzman pourrait toujours se consacrer à temps plein à ses premières amours, elles n’ont pas pris une ride. (indiepoprock)