Avec ce nouvel opus, Richard Fearless poursuit l’épure entamée dès Satan’s Circus et prolongée dans Transmission. Ce n’est pas une rupture, mais une intensification : plus de voix, plus de psychédélisme, juste une immersion totale dans un monde de pulsations sombres, de textures abrasives et de tension sourde.
Enregistré dans un climat personnel marqué par la disparition de son père, Death Mask creuse le sillon d’une techno-noise introspective, sans concession. Dès l’ouverture avec « Chingola », lent et spectral, puis « Lovers », menaçant et tendu, l’album pose un climat d’emblée opaque. Les morceaux — souvent long de plus de 7 minutes — prennent leur temps pour imposer ses textures et ses ombres. Une progression implacable, entre repli méditatif et tension sourde, qui ne laisse que peu de place à la lumière.
L’ensemble est exigeant, peu accessible au premier abord, mais profondément sincère. Fearless y montre une facette brute, sans filtre, à la frontière entre introspection et angoisse. Ceux qui suivent Death in Vegas depuis ses débuts psyché-rock seront sans doute déroutés. Mais pour les amateurs de drone techno cinématographique, Death Mask offre une expérience cohérente, sombre, et même troublante.
Si vous n'avez que 3 morceaux à écouter : « While My Machines Gentry Weep », « Roseville », et « Your Love ».