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Avec son premier EP sorti en décembre dernier, Dééfait s’était déjà imposé comme l’une des formations les plus singulières de la scène underground parisienne. Ce n’est pas tous les jours qu’un nouveau quintet multilingue, puisant dans le krautrock, le noise et le psyché, débarque sur les scènes du Cirque Électrique et du Chinois pour y déverser une musique aussi assourdissante que fiévreuse. D’autant plus que l’ascension s’est faite de façon fulgurante. Formé progressivement et de manière presque fortuite entre 2021 et 2023, le groupe a rapidement passé la seconde à partir de 2024 en enregistrant ses six premiers morceaux avant même de les avoir joués sur scène ; comme s’il y avait le besoin urgent de capturer cette émulation si particulière en train de naître. Lorsque ces derniers sont finalement dévoilés à la fin de l’année dernière, Ric Lara (chant), Enir Da (basse), les frères Pablo et Lucas Valero (batterie, guitare) ainsi que Grégoire Couvert (guitare) avaient déjà poussé la porte du studio Black Box d’Angers pour y enregistrer leur premier album dans son intégralité.
En très peu de temps, Dééfait a réussi à se façonner une véritable identité. Sa particularité la plus saillante réside sans aucun doute dans la voix suraigüe de Ric Lara, vidéaste originaire de Mexico City qui s’est découvert des talents de chanteur ; ou plutôt une capacité à trouver les bruits adéquats pour accompagner une instrumentation expérimentale et électrique. Ses gémissements hantent littéralement l’ouverture de Will More Y su Winston 100’s, premier morceau de l’album, tandis qu’il déploie toute sa palette vocale sur I Promise To Divide You, oscillant entre airs ‘groovy’ et sons pervertis. Chaque vocifération rappelle le chant abstrait de Damo Suzuki ou les incantations communautaires si particulières qui naquirent dans l’appartement collectif d’Amon Düül à Munich. Ce n’est pas le seul élément que le groupe emprunte au krautock : Dééfait fait le pari de l’alchimie plutôt que de la musicalité, construisant sa musique à partir de longues improvisations enregistrées, redécoupées puis retravaillées, favorisant l’émergence de boucles hypnotiques et répétitives (Folatre, Fissure, Crie !, DF). Il en résulte un registre libre à la structure originale, difficilement prévisible, où le tout est généralement supérieur à la somme des parties.
Suite de la chronique à retrouver chez mowno : https://www.mowno.com/disques/deefait-deefait/
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