Dave Douglas, Uri Caine, Andrew Cyrille – Devotion – (2019)


Bien qu’ils soient trois, Dave Douglas à la trompette, Uri Caine au piano et Andrew Cyrille à la batterie, assez curieusement, le concepteur du projet, le dénommé Douglas, ne participe pas au premier titre, « Curly », qui se règle entre le pianiste et le batteur.


Mais les voilà à trois pour rendre hommage au pianiste Franco D'Andrea, il faut dire qu’ici les titres sont souvent « dévolus » à des personnalités musicales qui les ont marqués, le second « Francis of Anthony » est lui aussi écrit en direction du pianiste italien.


Toutes les pièces, à l’exception de la dernière sont écrites par Dave Douglas, ce qui personnalise tout de même davantage les intentions premières. Le titre suivant « Miljøsang » ainsi que le très réussi « False Allegiances » sont à l’intention de Carla Bley. « Prefontaine », sans malice, est à l’intention de Steve Prefontaine, un coureur olympique mort tragiquement à vingt-quatre ans, dont la vie a servi de trame à un film sorti en quatre-vingt-dix-sept.


La pièce est plutôt sombre et semble comporter des passages improvisés, elle est également inquiétante et même tragique, le jeu en trublion d’Uri Caine apporte tout l’inconfort nécessaire à cette « œuvre au noir ». C’est d’ailleurs à signaler, tout l’album est imprégné de la couleur décalée du jeu de Caine, très discordant et subversif, ravalant même Douglas au rang de commentateur.


Il n’y a aucune fourberie dans cet état de fait, les deux se connaissent bien, pour avoir travaillé avec John Zorn, même s’ils ne se sont pas rencontrés à cette occasion. Quoiqu’il en soit, ils ont déjà joué en duo sur l’album « Present Joys » de deux mille quatorze, mais je ne sais plus si je vous en ai parlé.


« Pacific », une dédicace à Aine Nakamura et à la classe de composition Mannes/New School de l'automne deux mille dix-sept, je vous joints les notes de pochette, « [Ça] a commencé comme une mission. [Nakamura] jouait d'un instrument à cordes asiatique accordé en C-F-C, et nous avons écrit dans ces limites. Ces lettres sont devenues la base du titre. » Bon ce n’est pas vraiment plus clair, mais enfin… L’écoute, plutôt agréable, révèle de nombreux sauts entre sons graves et aigus…


« Rose and Thorn », plutôt tonique et revigorant, est dédicacé à la pianiste Mary Lou Williams, et enfin « We Pray » au trompettiste légendaire Dizzy Gillespie. La dernière pièce « Devotion » qui donne son titre à l’album est signée par Alexander Johnson, elle résume les intentions de l’album : « Love, loyalty, or enthusiasm for a person, activity, or cause. »

xeres
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le 21 mai 2025

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