Les imbéciles croient toujours ce qu'on leur raconte. Nick Cave, fin manipulateur, ayant abreuvé les journalistes de déclaration du style : "A 50 ans, je me sens jeune comme jamais, et j'ai décidé de revenir au rock le plus direct et le plus simple", nos pisse-copies qui n'ont jamais dû écouter un disque de Nick depuis 15 ans ont pondu des dizaines d'articles sur le sujet du retour au rock de l'ex-junkie possédé. Ceux qui ont toujours suivi le prédicateur fou retrouveront simplement sur "Dig !!! Lazarus Dig !!!" les Bad Seeds à leur meilleur - déjantés, grinçants, telluriques parfois - et une autre double poignée de chansons impeccables, faisant, comme dans les meilleurs albums du nouveau moustachu, le grand écart entre le style littéraire ambitieux et complexe des textes et l'urgence parfois radicale de leur interprétation. Faut-il croire les imbéciles ? [Critique écrite en 2008]