Carla Bley – Dinner Music – (1977)
Et voici le Watt/6, « Dinner Music » avec Carla qui met la toque de chef de band et nous propose un repas complet en huit étapes, autant de plats cuisinés amoureusement, de magnifiques pièces instrumentales qui régalent, et même Carla qui pousse la chansonnette sur le superbe « Dining Alone » qui clôt la première face.
De la simplicité mais du monde aussi, des invités de qualité, Roswell Rudd vraiment à l’honneur ici, souvent mis en avant, comme sur « Song Sung Long » par exemple, mais qui s’en plaindra ? J’ai vu quelques années plus tard Carla sur scène, et elle gardait toujours une place pour les solos de trombone, souvent mis en vedette, et je peux témoigner que le public se levait alors, avec enthousiasme…
Carlos Ward est aux saxs et à la flûte, Michael Mantler à la trompette, Bob Stewart au tuba, il y a même Eric Gale à la guitare sur trois titres ! Carla joue de l’orgue et un peu de piano, c’est Richard Tee qui s’y colle le plus, libérant Carla pour l’organisation du repas… Avec Tee et Gale on a déjà deux membres du groupe "Stuff", les autres arrivent, Cornell Dupree à la guitare, Gordon Edwards à la basse et Steve Gadd à la batterie.
On a droit à « Ida Lupino » que Carla écrivit pour son premier mari, Paul Bley, qui l’enregistra en soixante-six pour son trio, sur l’album « Closer » qui parut chez ESP. Il y a également une reprise de « Funnybird Song » extrait du premier album « Tropic Appetites », décidément on ne quitte pas la table… Je ne peux pas tout citer, mais ici il n’y a pas de restes, ni de plat ne serait-ce que « bon », ici tout se déguste en cinq étoiles, entre amis réunis autour du même plat partagé…
Les projets ambitieux et la folie des grandeurs est mise de côté, pour un retour à la simplicité, symbolisée par cette cuisine où l’on voit Carla déposer un plat dans un four, avec un sourire complice. Le haut niveau de perfection atteint sur les albums précédents fait place à une bonhommie souriante, pour un album gourmand, mais délicat…